Moyen-Orient : Kofi Annan demande au Conseil de sécurité d'étudier les modalités d'une force d'interposition

18 juillet 2006

Le Secrétaire général a précisé aujourd'hui à Bruxelles son projet de force d'interposition au Sud-Liban, qui devra être bien plus importante que l'actuelle FINUL, avec un mandat fort pour garantir un arrêt des hostilités et permettre au gouvernement libanais de contrôler le Sud du pays et de désarmer les milices.

« La situation revêt un caractère d'extrême d'urgence et il est impératif que la communauté internationale agisse pour mettre fin aux combats et aux tueries qui ont lieu en ce moment et que la région trouve une stabilité à long terme », a déclaré Kofi Annan, lors d'une conférence de presse donnée avec le Haut Représentant de l'Union européenne, Javier Solana.

« J'ai demandé la cessation des hostilités. Il faut vraiment les arrêter », a-t-il affirmé.

« Le Conseil de sécurité doit vraiment s'y mettre et y travailler très sérieusement », a estimé le Secrétaire général, souhaitant qu'il « présente un ensemble de propositions et qu'il demande un arrêt des violences ».

Interrogé sur la force de stabilisation évoquée hier par le Secrétaire général et samedi par les dirigeants du G-8 réunis à Saint-Pétersbourg, alors que l'ONU dispose déjà des troupes de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL), Kofi Annan a indiqué que « dans son esprit elle serait bien plus importante » (dépêche du 17.07.06).

« Manifestement, c'est une décision qui revient au Conseil de sécurité. Elle devra être bien plus importante que la force de 2.000 hommes que nous avons sur le terrain », a-t-il souligné.

« J'attendrais aussi des contributions de la part des pays européens et d'autres pays d'autres régions », a ajouté le Secrétaire général, lors d'une autre rencontre avec la presse, avec le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, à Bruxelles également.

« La force devra avoir un concept d'opérations différent et, il faut l'espérer, un mandat différent de la part du Conseil de sécurité, qui lui permette d'opérer dans le Sud [du Liban] et qui permette de stabiliser la situation pendant qu'elle donne au gouvernement libanais le temps de s'organiser et de se préparer, au bout du compte, à étendre son autorité sur tout son territoire, y compris dans le Sud », a-t-il poursuivi.

« Cela lui donnera aussi du temps pour régler la question du désarmement des milices », a-t-il encore dit.

Interrogé sur le fait de savoir si une force des Nations Unies serait capable de désarmer le Hezbollah, Kofi Annan a rappelé que le mandat de la force dépendrait du Conseil de sécurité.

En toute hypothèse, a-t-il souligné, « aux termes de la résolution résolution 1559 (2004) du Conseil de sécurité, toutes les milices au Liban doivent être désarmées ».

« Cette tâche revenait au gouvernement libanais mais bien sûr si une force devait intervenir, son mandat devrait être déterminé par le Conseil de sécurité », a-t-il réitéré.

 

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