Corée du Nord : le Conseil de sécurité se penche sur un projet de résolution

5 juillet 2006

Réuni ce matin à la demande du Japon pour évoquer les tirs de missiles balistiques menés hier par la Corée du Nord, le Conseil de sécurité commencera cet après-midi les négociations sur un projet de résolution condamnant ces essais.

« Le lancement d'un missile par la Corée du Nord effectué il y a huit ans était déjà préoccupant. Mais cette fois ci, le lancement de 7 missiles est bien plus grave », a déclaré devant la presse le représentant du Japon à l'ONU, Kenzo Oshima, aux côtés des ambassadeurs du Royaume-Uni et des Etats-Unis, à l'issue d'une réunion spéciale du Conseil de sécurité à New York.

« Il y a huit ans, la Corée du Nord s'était retirée du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) et avait repris son programme nucléaire. Les essais de missiles nous mènent donc à une situation bien plus grave », a ajouté l'ambassadeur du Japon.

La Corée du Nord s'est retirée du TNP en janvier 2003, annonçant par la suite disposer d'armes nucléaires.

Devant les journalistes, Kenzo Oshima a indiqué avoir « demandé au Conseil d'adopter une résolution et de commencer immédiatement les discussions sur la question ».

Les discussions commenceront cet après-midi au niveau des experts. Le Japon travaille avec les Etats-Unis et les pays de la région, ainsi que les pays du Groupe des 6 - la Chine, le Japon, la Russie, les Etats-Unis et les deux Corées) – mis en place pour parvenir à un règlement de la question nucléaire nord-coréenne.

« Nous regrettons aussi vivement que la Corée du Nord ait procédé à ces essais en dépit du moratoire adopté en 2005 avec le Groupe des 6 », a affirmé le représentant du Japon.

« Nous espérons que la réaction du Conseil sera rapide et déterminée », a ajouté l'ambassadeur japonais.

« Quelle que soit la réponse, nous devrons prononcer une ferme condamnation du lancement des missiles et la très grave préoccupation de la communauté internationale face à la prolifération des armes de destruction massive », a-t-il conclu.

Le représentant du Royaume-Uni, Emyr Jones Parry, a pour sa part affirmé que tous les membres avaient souhaité une « réponse rapide et ferme ».

« Le débat de ce matin a été très intéressant car aucun des membres n'a défendu la position de la Corée du Nord », a rapporté l'ambassadeur des Etats-Unis, John Bolton.

Interrogé sur la possibilité de sanctions, John Bolton a indiqué que pour l'instant les membres du Conseil étaient disposés à envoyer un message ferme à la République populaire démocratique de Corée. Interrogé par ailleurs sur le programme anti-balistique développé par les Etats-Unis, le représentant américain a souligné que les essais nord-coréens démontraient la « sagesse » de ce programme lancé par le président Bush.

« La Russie partage la préoccupation du Conseil de sécurité face aux agissements de la Corée du Nord », a déclaré son ambassadeur à New York, Vitaly Churkin, qui a plaidé aussi pour un message ferme.

« Nous sommes préoccupés par les conséquences sur la stabilité régionale, par le fait que cela ne fait pas avancer la question nucléaire et qu'enfin des fragments de missile sont tombés à proximité de la frontière russe », a ajouté le représentant russe.

L'ambassadeur de la Russie a préconisé de « garder la tête froide » et de maintenir le cap sur l'objectif de parvenir à un règlement de la question nucléaire.

Il a suggéré que la réaction du Conseil prenne la forme d'une déclaration présidentielle au lieu d'une résolution.

Par ailleurs, le représentant de la France, Jean-Marc de la Sablière, actuellement président du Conseil de sécurité, a rappelé que son pays avait condamné les essais balistiques nord-coréens.

« Il est important de faire en sorte que la Corée du Nord ne puisse pas développer davantage cette technologie », a-t-il souligné.

« Je viens de recevoir une demande de l'ambassadeur du Japon pour une réunion du Conseil de sécurité après le lancement de missiles par la Corée du Nord », avait informé Jean-Marc de la Sablière hier soir.

 

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