La 5e Commission lève le plafond des dépenses de l'ONU pour le budget 2006-2007

29 juin 2006

La Commission budgétaire de l'Assemblée générale a levé hier le plafond des dépenses de l'Organisation pour le budget biennal 2006-2007 en décidant d'autoriser le Secrétaire général à engager des dépenses à hauteur des crédits restants autorisés, soit 3,798 milliards de dollars.

« En adoptant sans vote un projet de décision, la Commission administrative et budgétaire (Cinquième Commission) a décidé d'autoriser le Secrétaire général à engager des dépenses à hauteur des crédits restants autorisés, à savoir des dépenses supérieures à 950 millions de dollars et à hauteur du montant de 3 798 912 500 dollars », indique un communiqué de l'ONU publié hier à New York..

Le projet de décision doit être soumis vendredi pour adoption à l'Assemblée générale.

La Cinquième Commission avait fixé en décembre dernier un plafond des dépenses à hauteur de 950 millions de dollars qui correspondent à six d'activités de l'Organisation.

Cette limitation avait été imposée, à l'initiative des Etats-Unis, plus gros contributeur au budget de l'ONU, pour obliger les Etats membres à s'entendre sur une série de réformes administratives destinée à donner davantage de responsabilité au Secrétariat et à améliorer la gestion de l'Organisation.

« Manifestement, un grand nombre d'Etats membres sont réticents à négocier sous la menace du plafond budgétaire, mais j'espère que nous assisterons bientôt à un accord pour lever ce plafond », avait déclaré le Secrétaire général, alors que le budget temporaire arrivait à échéance (dépêche du 15.06.06)

Warren Sach, Contrôleur des Nations Unies, avait prévenu la semaine dernière que « le dernier dollar » serait dépensé avant la mi-juillet.

« Les États-Unis essaient de tirer sur les cordons de la bourse pour imposer une réforme de la gestion réellement nécessaire et les pays en développement se rebiffent face à ce procédé », avait encore déclaré Kofi Annan (dépêche du 12.06.06).

En effet, à l'issue de longues négociations, la Commission budgétaire n'avait pas accepté, en mai dernier, les propositions du Secrétaire général concernant la réforme de la gestion de l'ONU, formulées dans le rapport « Investir dans l'ONU ».

Hier, le représentant des États-Unis, appuyé par l'Australie et le Japon, s'est dissocié du consensus, estimant que peu de résultats avaient été accomplis dans le domaine de la réforme depuis le sommet et de septembre.

Cette situation est loin de la « révolution » demandée par la Secrétaire d'État américaine, Condolezza Rice, a-t-il affirmé. Toutefois, a-t-il ajouté, nous attendons avec intérêt une action vendredi sur d'autres mesures concrètes.

En revanche, l'Afrique du Sud, qui s'exprimait au nom du Groupe des 77 et de la Chine, et l'Autriche, qui s'exprimait au nom de l'Union européenne, ont exprimé leur satisfaction.

L'ambassadeur de la France, Jean-Marc de la Sablière, s'est aussi félicité de la levée du plafonnement des dépenses. « La France avait deux objectifs : éviter une crise financière et garder le processus de réforme sur les rails », a-t-il affirmé. « Il faut maintenant travailler dur pour que la résolution sur le management qui sera présentée vendredi soit bonne », a-t-il ajouté.

L'Assemblée générale pourrait effectivement adopter demain une résolution sur la gestion de l'Organisation.

Jan Eliasson, président de l'Assemblée générale, a appelé hier tous les Etats membres à se mettre d'accord pour adopter une résolution comprenant « des mesures concrètes et substantielles » sur la gestion de l'ONU d'ici le 30 juin.

 

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