Belgrade doit inciter les Serbes à s'impliquer dans le choix du futur statut du Kosovo, selon le chef de la MINUK

20 juin 2006

Soren Jessen-Petersen, Représentant spécial du Secrétaire général, a estimé aujourd'hui, devant le Conseil de sécurité, que Belgrade devrait inciter les Serbes à participer à la gouvernance du Kosovo et à s'impliquer dans le choix de son futur statut.

« Le Kosovo présente aujourd'hui le visage d'une société en progrès », a déclaré aujourd'hui Soren Jessen-Petersen, Représentant spécial du Secrétaire général et Chef de la Mission d'administration intérimaire des Nations Unies au Kosovo (MINUK).

Il présentait au Conseil de sécurité, réuni en séance publique, le dernier rapport du Secrétaire général sur le Kosovo.

Malgré les efforts déployés et les progrès accomplis, on constate que de nombreux Serbes continuent à se faire beaucoup de soucis en ce qui concerne le statut final du Kosovo, a affirmé Soren Jessen-Petersen.

Il a aussi regretté que les normes décidées pour le Kosovo n'aient pas été totalement appliquées et que ces défaillances nourrissent sans doute les arguments de ceux qui appellent les Serbes du Kosovo à ne pas s'impliquer pleinement dans le processus politique de gouvernance du territoire et de négociation de son statut futur.

« Il est regrettable que chaque fois qu'un crime est commis contre un Serbe, on ait tendance à automatiquement le qualifier de crime ethnique », a souligné le Représentant spécial, en reprochant à Belgrade de prôner auprès de la minorité serbe une politique isolationniste au Kosovo.

Belgrade devrait plutôt encourager les Serbes à participer à la gouvernance du Kosovo et à s'impliquer dans le choix de son futur statut, a-t-il recommandé.

Répondant sur ce point, la présidente du Centre de coordination de la Serbie pour le Kosovo a accusé la MINUK de fermer les yeux sur les « actes de violences à motifs ethniques menés chaque semaine contre les minorités non albanaises ».

Aucun des 192 crimes ethniques commis pour la plupart contre des Serbes depuis le 25 octobre 2005 n'a été puni et la réconciliation dont parle le rapport, soumis au Conseil de sécurité, n'est qu'une vue de l'esprit, a accusé Sanda Raskovic-Ivic.

Tout en jugeant qu'il était important que les Serbes participent à la vie politique et au fonctionnement des institutions intérimaires du Kosovo, la présidente a estimé qu'à l'heure actuelle cette participation n'avait aucun sens.

Estimant qu'aucun progrès notable n'avait été accompli dans l'application des normes, la représentante a indiqué qu'à cause de « l'extrémisme » de ses positions, la partie albanaise n'offrait en retour rien aux positions « souples » des Serbes sur le futur statut du Kosovo.

Évoquant la précarité et la peur dans lesquelles vivent les populations serbes du Kosovo, le représentant de la Fédération de la Russie a rejeté les accusations portées contre Belgrade et a appelé le Conseil de sécurité à faire pression sur la majorité albanaise du Kosovo « pour qu'elle donne la place qui leur revient aux minorités ».

La Fédération de Russie s'opposera à toute tentative visant à imposer unilatéralement un statut final au Kosovo, a dit l'ambassadeur russe.

Il a été rejoint par la délégation de la Chine qui a demandé au Conseil et aux parties prenantes de respecter la notion d'intégrité territoriale des États et les normes du droit international dans le règlement de la question du Kosovo.

Dans leurs interventions, les délégations des États-Unis, de la France et du Royaume-Uni ont appelé Belgrade à encourager la participation des Serbes du Kosovo au processus politique en cours.

La place du Kosovo et celle de la Serbie en Europe dépendent de la bonne conduite du processus actuel, a rappelé le représentant de l'Autriche qui, au nom de l'Union européenne, a demandé à Belgrade et à Pristina de faciliter un statut final du Kosovo qui renforce la stabilité dans les Balkans au lieu de la menacer.

Voir l'ensemble des déclarations de la séance du Conseil dans le communiqué de l'ONU.

 

♦ Recevez des mises à jour quotidiennes directement dans votre boîte mail - Inscrivez-vous ici.
♦ Téléchargez l'application ONU Info pour vos appareils iOS ou Android.