Sommet sur le SIDA : la société civile dénonce la stigmatisation des groupes les plus vulnérables

1 juin 2006

Depuis hier les tables rondes entre les délégations et les représentants de la société civile se succèdent à New York pour examiner les différents problèmes liés à la pandémie du SIDA et notamment la stigmatisation des groupes les plus vulnérables ou l'insuffisance des ressources financières pour progresser vers un accès universel au traitement des malades.

Les personnes vivant avec le VIH sont non seulement confrontées à un grave problème de santé, mais souvent aussi à la stigmatisation et à la discrimination, d'autant plus importante vis-à-vis des groupes vulnérables comme les toxicomanes, les homosexuels et les prostituées, ont dénoncé les experts réunis aujourd'hui autour du thème de la lutte contre les phénomènes de rejet.

Les experts ont essentiellement examiné les leviers politiques et programmes qui peuvent permettre de lutter efficacement contre ces phénomènes de rejet, notamment le renforcement des moyens des organisations qui représentent les personnes vivant avec le VIH, l'intégration dans la législation des droits des personnes séropositives, ainsi que l'engagement politique et l'action au niveau communautaire (voir communiqué de l'ONU).

La stigmatisation et la discrimination, la violence à l'égard des femmes et l'homophobie ont été cités hier comme obstacles à une lutte efficace contre la pandémie, lors de la table ronde intitulée « Rompre le cycle de contamination pour la mise en place de mesures de lutte durables contre le sida ».

Joanne Csete du Réseau canadien du VIH/sida a souligné que considérer les toxicomanes comme des criminels empêchait la société d'agir efficacement contre la maladie (voir communiqué).

Hier encore, les participants à la table ronde intitulée « Financement durable et prévisible pour des réponses sur le sida à plus grande échelle » se sont ainsi accordés sur la nécessité d'augmenter le montant des dépenses nationales et internationales pour lutter contre le SIDA et de permettre aux pays d'avoir accès à des ressources financières prévisibles à long terme.

Les ressources financières disponibles aujourd'hui sont en effet insuffisantes pour progresser vers un accès universel au traitement. Selon les estimations du Programme commun des Nations Unies sur le VIH/SIDA (ONUSIDA), le montant nécessaire pour développer les actions dans les pays à revenu faible et intermédiaire passera de 14,9 milliards de dollars en 2006 à 22,1 milliards en 2008 (voir communiqué).

Voir aussi le communiqué sur le problème de l'émigration des professionnels de la santé pour élargir l'accès au traitement dans les pays du Sud.

La réunion de haut niveau sur les progrès accomplis dans la mise en oeuvre de la Déclaration d'engagement sur le VIH/SIDA, qui a démarré hier au siège de l'ONU, se poursuivra demain.

La Déclaration d'engagement a été adoptée par les Etats Membres lors de la précédente session extraordinaire de l'Assemblée générale sur le sida en août 2001.

Le bilan de la lutte contre le SIDA est présenté dans un rapport du Secrétaire général qui a dénoncé le fait que les engagements pris il y a cinq ans n'ont pas été tenus (dépêche du 31.05.06).

 

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