Journée mondiale sans tabac : l'OMS demande la réglementation des produits dérivés aussi dangereux que les cigarettes

31 mai 2006

Marquant aujourd'hui la Journée mondiale sans tabac qui a pour thème cette année « Le tabac : mortel sous toutes ses formes », l'Organisation mondiale de la santé (OMS) rappelle que tous les produits du tabac sont potentiellement mortels et demandent la réglementation des produits dérivés.

« Les produits du tabac fabriqués et commercialisés dans le monde sont de plus en plus variés. Ainsi, de nouveaux types de cigarettes aromatisées 'naturelles', 'biologiques' et à rouler soi-même sont souvent présentées dans des publicités et commercialisées sous des noms et des emballages qui peuvent donner aux consommateurs l'illusion qu'elles sont moins dangereuses que les cigarettes classiques », indique un communiqué publié aujourd'hui à Genève.

Face à ce phénomène, l'OMS a invité « les gouvernements à élargir leur action antitabac face à la prolifération rapide d'une variété croissante de produits du tabac à fumer ou non, de plus en plus consommés par des jeunes souvent mal informés de leurs effets nuisibles ».

« Des produits du tabac sans fumée tels que les snus – que l'on garde dans la bouche - et le tabac à priser - que l'on inspire par le nez - auparavant appréciés dans un nombre limité de pays, font dans d'autres pays l'objet d'une commercialisation intensive qui vise des groupes particuliers : les femmes - dans des contextes culturels où il n'est pas socialement acceptable qu'elles fument-, les jeunes - auxquels on présente des produits 'd'initiation' aromatisés et moins forts -, et même les fumeurs - comme solution de remplacement dans les lieux sans tabac », explique l'OMS.

« En même temps, des formes de tabagisme autres que l'usage de la cigarette comme l'utilisation de la pipe à eau, connue également sous le nom de « shisha » ou « narguilé », se répandent dans le monde entier, en particulier parmi les jeunes dans les cafés et sur les campus universitaires », ajoute l'agence.

« Nous sommes confrontés à un défi exceptionnel pour la santé publique, car de nombreux produits du tabac ne sont toujours pas réglementés », a-t-elle déclaré.

« Le tabac peut tuer sous toutes ses formes, qu'il soit fumé, chiqué ou inhalé à travers une pipe à eau », a déclaré Yumiko Mochizuki-Kobayashi, directeur de l'Initiative OMS Pour un monde sans tabac, rappelant que les Etats devaient procéder à une réglementation de ces produits en application de la Convention-cadre de l'OMS pour la lutte antitabac.

Les résultats de l'enquête mondiale sur le tabagisme parmi les jeunes, initiative conjointe de l'OMS et des Centers for Disease Control and Prevention (CDC), montrent que, dans de nombreux pays, la prévalence de l'usage de produits du tabac autres que la cigarette (11,2 %) parmi les adolescents est plus élevée que celle de l'usage de la cigarette (8,9 %).

De plus, dans de nombreux pays également, les taux de tabagisme seraient les mêmes parmi les filles et les garçons. Il y a là une différence par rapport aux données concernant les adultes, qui font généralement apparaître des taux plus élevés pour les hommes que pour les femmes.

Charles Warren, chercheur au programme mondial de lutte antitabac des CDC, constate que le phénomène s'aggrave parmi les jeunes de moins de 15 ans. « Etant donné les taux élevés de consommation de produits du tabac autres que la cigarette parmi les jeunes, en particulier les filles, les estimations antérieures qui prévoyaient 10 millions de décès par an d'ici 2020 pourraient bien être dépassées », a-t-il déclaré.

Le tabagisme est la principale cause de décès évitable dans le monde, puisqu'il est à l'origine de 5 millions de décès chaque année. Les faits montrent que le tabac est nuisible pour presque tous les organes.

Il est responsable de 90 % des cas de cancer du poumon et est associé à bien d'autres types de cancer, comme le cancer du col de l'utérus, le cancer du rein, le cancer de la cavité buccale et de la gorge. Il provoque aussi crises cardiaques, accidents vasculaires cérébraux et stérilité.

« La cigarette reste le seul produit légal qui tue la moitié de ses utilisateurs réguliers lorsqu'elle est consommée tel que prévu par le fabricant. Or, pour tous les produits du tabac, y compris la cigarette, l'information sur les ingrédients et la libération de produits toxiques reste insuffisante. Il faut combler cette lacune par une réglementation appropriée dans les pays et par d'autres recherches », affirme l'OMS.

La moitié des décès associés au tabac survient dans les pays en développement où le tabagisme continue à progresser le plus rapidement. D'ici 2020, si les tendances actuelles se maintiennent, sur 10 décès associés au tabac, 7 se produiront dans le monde en développement, affirme l'OMS.

 

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