Le Secrétaire général souhaite une attitude moins "agressive" de la part de l'Iran

10 mai 2006

Alors que se poursuivent les négociations sur un projet de résolution concernant le programme nucléaire iranien, Kofi Annan a exprimé aujourd'hui l'espoir que le Conseil de sécurité parvienne à une position unie, souhaitant que les parties « calment la rhétorique » et que l'Iran adopte une attitude moins « agressive ».

Interrogé par la presse sur la perspective d'une visite en Iran, le Secrétaire général a indiqué que pour l'instant les membres du Conseil de sécurité, qui est pleinement saisi de la question, discuteraient très sérieusement entre eux dans les semaines qui viennent.

image? Retransmission du point de presse[7mins]

Kofi Annan a souligné l'importance pour le Conseil de parvenir à une solution unie, ce qui lui donnera plus de poids. « J'espère qu'ils trouveront une solution ».

« Tout le monde semble comprendre qu'il faut parvenir à une solution diplomatique, et en attendant j'espère qu'ils pourront réduire le niveau de la rhétorique », a-t-il dit, reprenant les termes d'un appel lancé début avril (dépêche du 12.04.06).

« Bien évidemment, en tant que Secrétaire général, mes bons offices sont toujours disponibles s'ils peuvent être utiles », a-t-il ajouté.

En réponse à une question, Kofi Annan a réitéré sa position sur l'utilité de discussions directes entre l'Iran et les Etats-Unis.

« Je crois qu'il est important que les Iraniens restent ouverts et s'écartent de cette attitude agressive, et qu'ils soient ouverts aux discussions », a-t-il déclaré.

« Personne ne leur dénie le droit à l'utilisation pacifique de l'énergie nucléaire ». « Mais s'ils poursuivent, la communauté internationale a besoin de garanties. Ils ont donc la responsabilité de communiquer ».

Hier, lors d'une conférence de presse donnée à New York à l'issue d'une réunion du Quatuor pour le Moyen-Orient, la Secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice a souligné que « personne ne conteste que l'Iran ne puisse avoir un programme nucléaire civil et un programme de recherche scientifique ».

« Mais compte tenu de l'expérience passée, il ne doit pas avoir maîtrise du cycle complet » d'enrichissement de l'uranium, a-t-elle affirmé.

Condoleezza Rice avait auparavant déclaré, lors d'un point de presse à l'ONU, que les ministre des Affaires étrangères réunis à New York avaient « débattu de la nécessité pour le Conseil de sécurité de parler d'une seule voix, et de ce qu'il souhaitait faire à travers une résolution, pour dire à l'Iran de façon claire qu'il doit se conformément aux demandes de la communauté internationale ».

Interrogé par ailleurs aujourd'hui sur le nouveau mécanisme qui doit être mis en place par l'Union européenne à la demande du Quatuor pour le Moyen-Orient (dépêche du 9.05.06), Kofi Annan a rappelé l'importance d'atténuer les souffrances du peuple palestinien.

« Aujourd'hui, à cause des sanctions, les banques et les institutions financières refusent de transférer de l'argent à l'Autorité palestinienne ».

« Certains donateurs ont indiqué qu'ils ne souhaitaient pas payer les salaires. Mais ce que nous voulons surtout c'est que le peuple palestinien ne souffre pas, ou qu'il ne se sente pas puni pour les choix qui ont été faits lors des élections », a dit Kofi Annan.

Face à la crise humanitaire qui menace à Gaza et en Cisjordanie, le Quatuor pour le Moyen-Orient s'est déclaré hier prêt à mettre en place sous la direction de l'Union européenne un « mécanisme » temporaire qui permettra d'acheminer l'aide humanitaire à la population palestinienne, sans passer par le gouvernement du Hamas.

Malgré les demandes répétées du Quatuor, le Hamas refuse toujours de reconnaître Israël et d'abandonner la violence. Le Quatuor a gelé son assistance financière à l'Autorité palestinienne jusqu'à ce que ce dernier se conforme à ces principes.

 

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