Le Secrétaire général présente une stratégie mondiale de lutte contre le terrorisme

2 mai 2006

Le Secrétaire général a présenté aujourd'hui devant l'Assemblée générale son rapport intitulé « S'unir contre le terrorisme : recommandations pour une stratégie antiterroriste mondiale », soulignant qu'à la base de toute stratégie se trouvait le respect des droits fondamentaux.

Le Secrétaire général a présenté aujourd'hui devant l'Assemblée générale son rapport intitulé « S'unir contre le terrorisme : recommandations pour une stratégie antiterroriste mondiale », soulignant qu'à la base de toute stratégie se trouvait le respect des droits fondamentaux.

Le Secrétaire général a annoncé les cinq piliers de sa stratégie : « dissuader les populations de recourir au terrorisme, priver les terroristes de moyens d'action, dissuader les États de soutenir le terrorisme, renforcer leur capacité de lutte antiterroriste et défendre les droits de l'homme ».

imageRetransmission de l'allocution du Secrétaire général[37mins]

Dissuader les populations de recourir au terrorisme implique tout d'abord une campagne mondiale à cet effet, engageant les Nations Unies mais aussi la société civile et le secteur privé, a déclaré Kofi Annan.

Le message doit être que « le terrorisme sous toutes ses formes est inacceptable», a déclaré le Secrétaire général.

« Il est temps aussi de recentrer notre attention sur les victimes du terrorisme et de mettre en place un mécanisme de solidarité », a-t-il affirmé.

Il faut, d'autre part, « priver les terroristes des moyens d'actions signifie les priver de l'accès aux armes conventionnelles comme aux armes de destruction massive ». Cela va de la lutte contre le bioterrorisme comme de l'accès à Internet, cet « outil puissant » devant être une « arme dans nos mains, pas les leur ».

Les efforts pour dissuader les Etats de recourir au terrorisme doivent être fondés sur le respect du droit international et sur leur responsabilité face à leurs actes. Ces efforts sont aussi fermement liés au développement des capacités des Etats, a par ailleurs estimé le Secrétaire général.

Le rôle de l'ONU à cet égard est vaste, « de la promotion de l'Etat de droit et de l'édification de systèmes judiciaires efficaces au renforcement des capacités pour empêcher que les terroristes ne s'emparent des matériaux nucléaires, biologiques, chimiques ou radiologiques, comme au soutien des Etats pour qu'ils apportent une assistance aux victimes et à leurs familles ».

Enfin, a insisté le Secrétaire général, la défense des droits de l'homme est le 'fil conducteur' de ce rapport.

« L'action menée sur tous ces fronts par les États et la communauté internationale pour contrer la menace terroriste doit obéir à un impératif catégorique : la primauté du droit », insiste le Secrétaire général.

« Loin de s'exclure mutuellement, l'efficacité de la lutte antiterroriste et la protection des droits de l'homme sont interdépendantes et complémentaires. La défense des droits de l'homme est donc l'une des conditions essentielles du succès d'une stratégie antiterroriste », insiste-t-il encore.

Cela signifie, a-t-il souligné, la protection des droits de tous : « des victimes du terrorisme, des personnes soupçonnées de terrorisme et de tous ceux affectés par ses conséquences ».

« Les Etats doivent s'assurer que toutes les mesures adoptées respectent leurs obligations au terme du droit international, en particulier les droits de l'homme, le droit international humanitaire et le droit des réfugiés », a rappelé Kofi Annan.

« Toute stratégie de nature à compromettre les droits de l'homme fera directement le jeu des terroristes », a-t-il encore dit (voir les remarques de Kofi Annan sur la torture à l'occasion de la Journée des droits de l'homme dépêche du 8.12.05).

Le Secrétaire général a par ailleurs de nouveau engagé les Etats Membres à conclure aussi vite que possible une Convention globale contre le terrorisme, dont les progrès restent au point mort en raison d'une controverse sur la définition du terrorisme et plus particulièrement, sur le droit à l'autodétermination et le droit de résister à l'occupation (dépêche du 17.11.05).

« Toutefois, le manque de consensus sur la convention ne doit pas être une raison pour retarder l'adoption d'une stratégie », a déclaré le Secrétaire général, qui avait marqué sa « déception » alors que les négociations à la Sixième Commission en décembre dernier s'étaient achevées sur un échec (dépêche du 1.12.05).

« En décembre 2005, le président de l'Assemblée générale m'a demandé de présenter un rapport sur le renforcement des capacités et d'apporter d'autres éléments propres à aider l'Assemblée à élaborer une stratégie antiterroriste », a précisé le Secrétaire général.

La stratégie présentée aujourd'hui est inspirée du précédent rapport du Secrétaire général « Dans une liberté plus grande» qui établissait un lien direct le développement économique et la lutte contre les causes fondamentales du terrorisme et de l'insécurité, et dans le document final du sommet mondial.

Dans le document final, les Etats membres avaient condamné pour la première fois « tous les actes de terrorisme, quels qu'en soient les motifs, où qu'ils soient commis et quels qu'en soient les auteurs » et s'étaient engagés à conclure, au cours de la 60e session de l'Assemblée, une Convention générale relative au terrorisme international.

Ils n'étaient en revanche pas parvenus à se mettre d'accord sur une définition commune du terrorisme comme le suggérait le Secrétaire général dans son rapport « Une plus grande liberté ».

Les Etats membres seront appelés à se réunir de façon informelle pour discuter de la stratégie présentée aujourd'hui lors de consultations qui devraient se tenir le 11 mai prochain.

 

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