Le HCR rétablit sa présence dans l'ouest de la Côte d'Ivoire

28 avril 2006

L'agence des Nations Unies pour les réfugiés a rétabli sa présence dans l'ouest de la Côte d'Ivoire, après les violentes destructions des locaux de plusieurs organisations humanitaires dans la ville de Guiglo en janvier dernier, afin de venir en aide à une population qualifiée par un expert de l'ONU de « largement oubliée ».

« La semaine dernière, nous avons ouvert une nouvelle base opérationnelle à Duékué, à 20 minutes au nord de Guiglo. Ce bureau sera habité par deux employés internationaux qui se rendront quotidiennement à Guiglo. De plus, 10 employés nationaux travailleront à Duékué et à Guiglo », a déclaré le porte-parole du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), Ron Redmond, lors de son point de presse au Palais des Nations à Genève.

Pendant les manifestations de janvier, les locaux du HCR ont été pillés et le bâtiment incendié (dépêche du 16.02.06).

« Tous les dossiers ont été perdus, ainsi que cinq voitures, une moto et trois générateurs. Les entrepôts contenant des articles de secours et de la nourriture ont aussi été pillés. Les pertes pour le HCR ont été estimées à 350 000 dollars. D'autres agences des Nations Unies et plusieurs ONG internationales ont subi des pertes similaires », a dit le porte-parole.

Ces incidents avaient conduit au départ de la plupart des travailleurs humanitaires et des forces des Nations Unies pour le maintien de la paix.

« De janvier à mars, les employés du HCR ont mené régulièrement des missions à Guiglo depuis Abidjan, dans le but d'assurer une présence continue et de fournir de la nourriture, de l'eau, des soins de santé et une assistance sanitaire aux quelque 10 000 réfugiés libériens présents dans la zone », a précisé aujourd'hui Ron Redmond.

Le HCR est présent à Guiglo depuis plus de 10 ans, travaillant en faveur des réfugiés et de la population locale qui les accueille.

« La plupart des 37 500 réfugiés enregistrés en Côte d'Ivoire habitent dans la partie ouest du pays, dont quelque 6 000 personnes au camp de Nicla, près de Guiglo, et plus de 4 000 dans la communauté environnante. Nous espérons que la moitié de ces réfugiés pourront rentrer au Libéria cette année », a conclu Red Redmond.

Après une semaine de visite en Côte d'Ivoire, le Représentant spécial du Secrétaire général pour les droits humains des personnes déplacées de l'intérieur, Walter Kalin, avait affirmé le 25 avril que cette catégorie de personnes avait été largement oubliée en Côte d'Ivoire.

M. Kalin a indiqué que le pays faisait face à une crise dans la protection des droits des déplacés, résultant de l'absence d'une réponse adéquate à leurs besoins et à l'ignorance de leurs droits.

 

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