Soudan : le gouvernement s’oppose pour l’instant à une force de l’ONU au Darfour

26 avril 2006

Deux options sont possibles pour la force des Nations Unies au Darfour – une force principalement terrestre ou principalement aérienne – mais aucune grosse opération ne pourra se faire sans une évaluation sur le terrain à laquelle s’oppose pour l’instant le gouvernement soudanais, a expliqué aujourd’hui le responsable des opérations de maintien de la paix.

« Nous avons besoin maintenant de nous consulter davantage avec le gouvernement du Soudan pour avancer dans nos préparations », a déclaré Jean-marie Guéhenno, Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, lors d’une rencontre avec la presse, à l’issue de consultations du Conseil de sécurité sur le déploiement d’une force de l’ONU au Darfour qui remplacerait l’actuelle force de l’Union africaine (UA).

image• Retransmission de la rencontre avec la presse[15mins]

« Il semble que les négociations à Abuja avancent », a ajouté Jean-marie Guéhenno. « Et bien sûr le résultat sera très important pour finaliser nos plans, notre préparations pour une possible transition », a-t-il ajouté.

Lors de ces consultations à huis clos, Hédi Annabi, son assistant, a rendu compte de sa visite récente au Soudan et au Darfour pour discuter de la mise en place d’une force de l’ONU qui serait plus robuste et plus mobile que celle de l’UA qui dispose de 7 000 hommes.

« Le gouvernement m’a indiqué que, pour l’instant, il n’était pas favorable à une force des Nations Unies, mais qu’après un accord à Abuja, il serait prêt à discuter pour voir comment l’Organisation pourrait aider à mettre en œuvre cet accord » comme cela avait été fait après l’accord de Naivasha, a rapporté Hédi Annabi à la presse.

L’accord de Naivasha, signé en janvier 2005, a mis fin au conflit entre le Nord et le Sud du Soudan. Après cet accord le Conseil de sécurité a autorisé une force de l’ONU de presque 11.000 hommes pour la réhabilitation de la région du Sud Soudan dévastée par 20 ans de conflit.

Les pourparlers d'Abuja entre le gouvernement du Soudan et les rebelles du Darfour, en conflit depuis février 2003, visent à trouver un accord de paix d'ici la fin du mois d'avril, selon une date butoir fixée par l’UA et approuvée par le Conseil de sécurité.

Après avoir décidé de sanctions contre quatre individus soudanais accusés d'avoir menacé le processus de paix au Darfour, le Conseil de sécurité a adopté hier une déclaration présidentielle dans laquelle il réitère son appui aux pourparlers d'Abuja.

Malgré les difficultés, « un accord de paix global pour le Darfour est à portée de main », a déclaré, le 18 avril dernier, le Médiateur en chef des pourparlers d'Abuja.

« Il faudrait 6 à 9 mois pour déployer pleinement une opération de cette ampleur et de cette complexité », a estimé Hédi Annabi, en référence à la force qui pourrait être déployée au Darfour.

Le Conseil de sécurité avait demandé au Secrétaire général l'envoi d'une mission d'évaluation avant le 30 avril afin d'accélérer les préparatifs d'une mission de maintien de l'ONU au Darfour qui devrait remplacer définitivement celle de l'Union africaine d'ici au 30 septembre.

 

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