PAM : le conflit au Tchad menace l'aide alimentaire à des centaines de milliers de personnes

21 avril 2006

Les affrontements en cours au Tchad et la brutale détérioration des conditions de sécurité pourraient avoir de graves répercussions sur l'aide alimentaire apportée à plus de 700.000 personnes à la fois dans l'est du pays et dans l'ouest du Soudan, s'est inquiété aujourd'hui le Programme alimentaire mondial (PAM).

Malgré les affrontements récents entre le gouvernement du Tchad et les forces rebelles obligeant l'évacuation d'une partie de son personnel, le PAM reste pour l'instant opérationnel dans le pays, indique un communiqué publié aujourd'hui à N'Djamena.

Cependant, prévient le PAM, la brutale détérioration des conditions de sécurité menace de rendre encore plus compliquée, voire impossible, une opération humanitaire déjà très complexe dans l'est du Tchad et dans l'ouest du Darfour, la région du Soudan voisine.

Conséquence du conflit au Darfour qui a démarré en février 2003, le PAM apporte actuellement une aide alimentaire à quelque 210.000 réfugiés soudanais dans l'est du Tchad, répartis dans 12 camps, et à quelque 500.000 personnes dans l'ouest du Soudan.

« Notre opération dans l'est du Tchad est sur le fil du rasoir », a alerté Stefano Poretti, directeur du PAM dans le pays.

Les mois d'avril et de mai seront décisifs dans la bataille que mène le PAM pour réussir l'opération lancée dans le pays qui vise à organiser, avant le début de la saison des pluies, une aide alimentaire pour les six prochains mois dans les 12 camps de réfugiés, explique le communiqué.

« Les troubles créés par l'assaut des forces rebelles contre la capitale du Tchad N'Djamena pourraient aussi avoir de sérieuses répercussions sur les populations de l'ouest du Darfour où le PAM apporte une aide », insiste le communiqué.

Le 13 avril dernier, les rebelles du Front uni pour le changement (FUC) ont lancé une offensive sur N'Djamena et la localité de Mongo, située à 400 km de la capitale du Tchad, dont l'objectif était de renverser le régime du président Idirss Déby.

Deux jours plus tard, le PAM a commencé à évacuer l'ensemble son personnel « non essentiel » du Tchad.

 

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