Le Conseil de sécurité condamne l'extension du conflit du Darfour vers le Tchad

13 avril 2006

Dans une déclaration à la presse, le Conseil de sécurité a condamné aujourd'hui toute tentative de prendre le pouvoir par la force au Tchad, ainsi que les récentes attaques contre les camps de réfugiés.

« Les membres du Conseil de sécurité expriment leur profonde préoccupation au regard de la détérioration de la situation au Darfour et des récentes attaques de groupes armés au Tchad », a déclaré aujourd'hui à la presse son président pour le mois d'avril, l'ambassadeur de la Chine Wang Guangya.

image• Retransmission du point de presse du président du Conseil de sécurité[5mins]

« Les membres du Conseil condamnent les attaques contre les camps de réfugiés » ainsi que « toute tentative visant à prendre le pouvoir par la force » a ajouté le président du Conseil de sécurité.

« En application de la résolution d'Alger adoptée en 1999 par l'Union africaine (UA) et de l'appel lancé à mettre fin à la violence et à participer au processus démocratique, le Conseil de sécurité exhorte les gouvernements du Soudan et du Tchad à respecter l'accord adopté le 10 mars 2006 par le Conseil de paix et de sécurité de l'UA ».

« Les membres du Conseil de sécurité expriment leur soutien aux efforts de l'UA et invitent le Secrétaire général et l'UA à prêter leurs bons offices pour remédier à cette crise », a affirmé Wang Guangya, qui a ajouté en réponse à une question que le Secrétaire général Kofi Annan devrait bientôt s'entretenir avec le président de l'UA.

« Les membres du Conseil de sécurité exhortent aussi les participants aux pourparlers de paix d'Abuja à parvenir à un accord de paix d'ici au 30 avril, comme l'a demandé le Conseil de paix et de sécurité de l'UA, afin de contribuer à la paix et à la stabilité de toute la région », a-t-il conclu (dépêche du 11.04.06).

Cette déclaration à la presse fait suite à un message du Secrétaire général condamnant toute tentative de prise du pouvoir par la force au Tchad.

« Il y a de nombreuses raisons d'être préoccupés. Nous sommes face à une tentative de prise de pouvoir par la force, ce qui est inacceptable face au droit international et aux règles de l'Union africaine », a déclaré pour sa part l'ambassadeur de la France, Jean-Marc de la Sablière, lors d'un point avec la presse, précisant que la réunion d'aujourd'hui s'était faite à la demande de la République du Congo, qui préside l'Union africaine et qui siège actuellement au Conseil de sécurité.

image• Retransmission du point de presse de Jean-Marc de la Sablière[16mins]

« Ce qui se passe au Tchad a un lien direct avec ce qui se passe au Darfour. Ces rebelles viennent du Darfour et c'est la suite d'attaques qui ont lieu en mars et décembre dernier », a-t-il déclaré, affirmant que « les rebelles ont reçu l'appui des milices janjaouites ».

Les milices arabes janjaouites, soutenues par le gouvernement soudanais, sont accusées d'être responsables d'une grande partie des exactions contre les populations du Darfour, dont une partie est réfugiée au Tchad.

« Il est donc possible que ces événements puissent avoir des conséquences sur les pourparlers d'Abuja », a dit l'ambassadeur de la France.

« Les conséquences pourraient aussi conduire à la déstabilisation de la République centrafricaine, puisqu'il semble que les troupes soient passées au Tchad par ce pays », a-t-il aussi déploré.

Interrogé sur la possibilité d'invoquer la 'responsabilité de protéger', principe de droit international adoptée au Sommet mondial de septembre, qui permettrait l'intervention de la communauté internationale lorsqu'un pays ne pourrait pas ou ne voudrait pas protéger sa propre population, Jean-Marc de la Sablière a indiqué que le Darfour était aujourd'hui au « premier plan du programme de travail du Conseil de sécurité ».

 

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