Conseil des droits de l'homme : Kofi Annan regrette que les Etats-Unis ne présentent pas leur candidature

6 avril 2006

Alors que les Etats-Unis ont fait savoir qu'ils ne présenteraient pas leur candidature au Conseil des droits de l'homme, le Secrétaire général et le président de l'Assemblée générale ont exprimé l'espoir qu'ils le feraient l'année prochaine et qu'ils coopèreraient avec le nouvel organe de l'ONU.

« Le président de l'Assemblée générale, Jan Eliasson, a été informé par les Etats-Unis de sa décision » de ne pas présenter sa candidature au Conseil des droits de l'homme. Il se félicite du fait que les Etats-Unis coopéreront avec le Conseil de la façon la plus ferme et efficace possible et qu'ils le soutiendront et le financeront », indique un message transmis aujourd'hui par le porte-parole de Jan Eliasson, dont les travaux de facilitation ont conduit à l'adoption du texte qui créé le nouvel organe de l'ONU.

Le président de l'Assemblée générale a exprimé l'espoir que les Etats-Unis présenteront leur candidature au Conseil dès que possible, et s'est félicité des indications selon lesquelles il pourrait le faire l'année prochaine.

Le Secrétaire général a indiqué pour sa part qu'il espérait que « les Etats-Unis continueraient à jouer un rôle actif dans la défense des droits universels et à apporter un soutien au nouveau Conseil des droits de l'homme, malgré leur décision de ne pas prendre part aux élections qui doivent se tenir le mois prochain », a déclaré son porte-parole, Stéphane Dujarric, lors de son point de presse quotidien, au siège de l'ONU, à New York.

Le porte-parole a indiqué que Kofi Annan était « déçu » par la décision des Etats-Unis mais qu'il espérait qu'ils se présenteraient l'année prochaine.

Les Etats Membres ont déjà commencé à annoncer leurs candidature au Conseil, qui remplace la Commission des droits de l'homme jugée discréditée, et qui comporte désormais 47 sièges (liste des candidats)

Le Secrétaire général s'était félicité de l'adoption par l'Assemblée générale de la « résolution historique » créant un Conseil des droits de l'homme, estimant qu'elle donnait « une chance aux Nations Unies de prendre un nouveau départ dans la défense de ces droits ».

Après cinq mois de négociations et malgré une forte opposition des Etats-Unis, l'Assemblée générale avait approuvé le 15 mars, à une large majorité, la création d'un nouveau Conseil des droits de l'homme afin de remplacer la Commission des droits de l'homme.

Réunis en séance plénière, 170 Etats membres avaient voté en faveur de la résolution de l'Assemblée générale.

Quatre pays - Etats-Unis, Îles Marshall, Israël et Palau - ont voté contre et trois Etats se sont abstenus - Belarus, Iran et Venezuela.

Lors du vote, les Etats-Unis ont rappelé qu'ils ne pouvaient voter en faveur d'un texte estimé insuffisant.

Les Etats-Unis avaient notamment critiqué le fait que l'accès au Conseil ne sera pas formellement interdit aux pays auteurs de violations des droits de l'homme, et que les Etats Membres devront seulement « prendre en compte » leur action dans ce domaine.

Le représentant des Etats-Unis, John Bolton, avait néanmoins indiqué que son pays « coopérerait avec les autres membres et travaillerait à réviser ses structures », estimant que le véritable test serait de savoir si le nouveau Conseil prendra effectivement des mesures pour lutter contre les violations des droits de l'homme.

 

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