Soudan : Jan Egeland déplore l'obstruction à l'action humanitaire des Nations Unies

4 avril 2006

« L'obstruction à ma visite hier et aujourd'hui au Soudan est symptomatique d'un gouvernement qui refuse de nous aider à prêter assistance à sa propre population, alors qu'il y a de plus en plus d'insécurité et de violence », a déclaré Jan Egeland lors d'un entretien à la radio de l'ONU, où il a rappelé qu'il était en mission au nom du Secrétaire général.

« Bloquer ma visite au Darfour et dire que je ne suis pas bienvenu à Khartoum, et maintenant bloquer même le survol du Darfour par mon avion à destination du Tchad : tout cela montre à quel point les travaux de mes collègues sur le terrain sont difficiles», a ajouté le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d'urgence de l'ONU.

Jan Egeland a rendu hommage aux agences des Nations Unies présentes pour « apporter courageusement une assistance à des millions de personnes », dont les efforts sont ainsi entravés.

Interrogé sur les motivations du gouvernement du président Al-Bashir, Jan Egeland a rappelé qu'un blocage similaire avait déjà eu lieu au début de l'année 2004. « A l'époque, ils ne voulaient pas que je voie les conditions sur le terrain de la population civile. Je pense que c'est la même chose à présent », a-t-il affirmé.

Jan Egeland s'est déclaré « très frustré » : « je suis venu aider la population, et cette obstruction signifie que je ne peux pas constater de visu les problèmes sur le terrain et lever des fonds ».

Le Secrétaire général a aujourd'hui déploré l'absence d'autorisation donnée à Jan Egeland, indiquant qu'il aborderait la question avec le président du Soudan.

« A El Gereida, dans la région que je devais visiter au Darfour, des dizaines de milliers de personnes ont été expulsées et attaquées par les janjaouites. Les rebelles de l'ALS (Armée de libération du Soudan) aussi, en totale violation de l'accord de paix, ont fait ce qu'ils pouvaient pour empirer la situation », a par ailleurs expliqué Jan Egeland.

« C'est une situation intolérable, et le monde entier doit faire plus pour la population civile. Mais à présent, l'ONU n'a même pas assez d'argent pour apporter des rations alimentaires à tous ceux qui en ont besoin », a souligné le Coordonnateur humanitaire des Nations Unies.

Pour l'avenir, Jan Egeland a appelé à instaurer d'urgence une véritable force de maintien de la paix des Nations Unies sur le terrain, avec un véritable mandat du Conseil de sécurité et un budget régulier.

Il faut sur le terrain des casques bleus et des policiers, en renfort de nos courageux collègues de l'Union africaine, qui sont trop peu nombreux et qui n'ont pas les ressources nécessaires.

Deuxièmement, il faut beaucoup plus de pression sur les parties, le gouvernement et les rebelles, pour les pousser à parvenir à un accord de paix, a conclu le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires.

Le Conseil de sécurité a prorogé le vendredi 24 mars la Mission des Nations Unies au Soudan (UNMIS selon son acronyme anglais), demandant par ailleurs au Secrétaire général de prévoir le passage de la Mission de l'Union africaine au Soudan - opérationnelle au Darfour - à une opération de maintien de la paix des Nations Unies.

 

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