Première Journée internationale contre les mines : l'ONU appelle à l'interdiction universelle

4 avril 2006

Les Nations Unies célèbrent aujourd'hui la première Journée internationale pour la sensibilisation aux mines et l'assistance à la lutte antimines, qui sera organisée désormais chaque 4 avril. Chaque année, les mines tuent quelque 20 000 personnes dans le monde, dont 3 à 4000 enfants.

« Des décennies après la fin de conflits, ces assassins invisibles continuent de mutiler et de tuer. A travers les mines, les guerres du XXème siècle continuent de faire de nouvelles victimes au XXIème siècle » souligne Kofi Annan, le Secrétaire général des Nations Unies dans un message publié à l'occasion de cette Journée internationale.

Entré en vigueur en 1999, le Traité d'interdiction des mines anti-personnel a été ratifié par 150 pays. « Ce traité a déjà produit des résultats tangibles, note Kofi Annan.

« Les gouvernements, donateurs, organisations non gouvernementales (ONG) et les Nations Unies collaborent dans plus de 30 pays. La production et la pose des mines sont toutes les deux en régression. Le commerce international des mines a quasiment disparu. Les stocks ont été détruits ».

« L'objectif d'un monde sans mine peut être atteint en quelques années – et non pas décennies comme on le pensait auparavant » prévoit le Secrétaire général. Mais pour que cette bonne nouvelle se concrétise, il appelle « tous les gouvernements à ratifier le traité, ainsi que le nouveau protocole V, sur les débris explosifs provenant des guerres » et « demande aux donateurs de réitérer leurs engagements ».

Le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF), une des organisations des Nations Unies engagées dans la lutte contre les mines, note dans un communiqué publié aujourd'hui à New York que les efforts pour parvenir à l'éradication totale doivent notamment porter sur l'éducation.

« Dans la trentaine de pays infestés, nos programmes informent les communautés sur les risques que peut présenter le simple fait de marcher dans certaines zones », explique Paula Clayombe, une des spécialistes de la question à l'UNICEF. Au Sri Lanka, par exemple, l'UNICEF apprend aux enfants à vivre au milieu de cette menace et à réagir en présence d'une mine.

Mais la lutte contre les mines passe aussi par un déminage exhaustif. « Après avoir été tellement efficaces dans la pose des mines, nous devons maintenant devenir encore meilleurs dans le déminage, souligne Kofi Annan. Chaque mine enlevée signifie une vie sauvée. Chaque mine enlevée nous rapproche un peu plus d'une paix durable et productive ».

Sur le terrain, cette question du déminage a un sens tout particulier en Iraq. « Des décennies de guerres et de conflits ont laissé l'Iraq contaminé par les mines et les restes explosifs de guerre (REG) » souligne la Mission des Nations Unies en Iraq (UNAMI).

Un recensement en cours a d'ores et déjà identifié plus de 4 000 zones à risque dangereuses ou suspectes à travers le pays.

« Outre le risque de mort ou de mutilation, la contamination de larges zones pèse également sur la mise en œuvre de l'assistance, de la réhabilitation et de la reconstruction » souligne Staffan de Mistura, représentant sur place du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), qui apporte son soutien au gouvernement iraquien dans la mise en place d'un programme de déminage de 8,4 millions de dollars, financé par l'Italie et l'Union européenne. Récemment, 9,5 millions de mètres carrés ont été nettoyés de plus de 25 000 munitions, permettant l'utilisation agricole de ces terres.

Dans le sud Soudan, où un accord de paix a mis fin l'an dernier à 21 ans de guerre civile, les mines constituent un obstacle majeur au retour des réfugiés. « La lutte contre les mines est une des clés de notre programme de retour des réfugiés au sud Soudan » explique Harry Leefe, responsable de l'action antimines au Haut Commissariat pour les réfugiés (HCR). Les amputations suite à l'explosion de mines sont très fréquentes, notamment chez les enfants.

L'agence de l'ONU pour les réfugiés tente de sensibiliser les futurs rapatriés dans leurs camps, en Ethiopie, au Kenya, en République démocratique du Congo (RDC), en République centrafricaine et en Ouganda.

« Mais un des problèmes, souligne le HCR, est que le déminage prend très longtemps ». Il est d'autant plus aléatoire que le conflit au sud Soudan a été disséminé sur un grand territoire, sans « ligne de front » précise. Il a fallu l'an dernier à l'ONG Norvegian's People Aid, qui opère au sud Soudan, plus de six mois pour nettoyer 120 000 mètres carrés et trouver 8 mines.

Voir le site du Service de la lutte antimines des Nations Unies (UNMAS)

 

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