Kofi Annan "soulagé par l'arrestation de Charles Taylor"

29 mars 2006

« C'est un grand soulagement que Charles Taylor ait été de nouveau arrêté » a déclaré aujourd'hui Kofi Annan, rencontrant la presse à son arrivée au siège des Nations Unies à New York.

« J'avais parlé au président Obasanjo à Washington hier soir et il m'avait assuré qu'il était lui-même surpris [par l'évasion de Charles Taylor] et avait pris toutes les mesures pour qu'il soit recherché » a ajouté le Secrétaire général.

Voir le message transmis aujourd’hui par le porte-parole du Secrétaire général.

Placé en résidence surveillée au Nigeria, l'ancien président et chef de guerre du Libéria avait échappé lundi à la surveillance de ses gardes. Le 24 mars dernier le Conseil de sécurité avait réaffirmé, via une déclaration présidentielle, son soutien à ce que Charles Taylor soit traduit en justice devant le Tribunal spécial pour la Sierra Leone.

« Son arrestation et sa comparution devant un tribunal (…) envoie dans la région le puissant message que l'impunité ne sera pas tolérée et que les chefs de guerre en puissance devront en payer le prix. Je pense que cela vaut non seulement pour la Sierra Leone et le Libéria, mais également pour d'autres endroits de la région et du continent » a relevé le Secrétaire général.

Ancien président du Libéria, Charles Taylor a été inculpé, le 3 mars 2003, par le Tribunal spécial pour la Sierra Leone pour crimes contre l'humanité perpétrés dans ce pays au cours d'une guerre civile qu'il a alimentée. Elu président par les Libériens en 1996, il vivait en exil dans le sud du Nigeria depuis qu'il avait quitté le pouvoir en août 2003, sous la pression des rebelles, qui assiégeaient la capitale du Libéria, et de la communauté internationale.

La nouvelle présidente du Libéria, Ellen Johnson-Sirleaf, avait confirmé en février au siège de l'ONU avoir demandé au Nigeria et aux dirigeants africains de la région de prendre la « décision collective » de déférer l'ancien président Charles Taylor devant le Tribunal (dépêche du 17.03.06).

Par la résolution 1637 (2005), votée en novembre dernier, le Conseil de sécurité avait autorisé la Mission des Nations Unies au Libéria (MINUL à placer en détention l'ancien président Taylor, s'il retournait dans son pays, et à le transférer au Tribunal spécial pour la Sierra Leone.

Interrogé aujourd'hui sur la collaboration des Nations Unies dans le transfert de Charles Taylor, Kofi Annan a estimé que l'ONU « pourrait avoir à apporter son aide technique ».

« Charles Taylor est d’ores et déjà entre les mains des forces des Nations Unies » au Libéria, a confirmé par ailleurs aujourd’hui la porte-parole adjointe du Secrétaire général, Marie Okabe, lors de son point de presse quotidien, au siège de l’ONU, à New York.

Arrivé à l’aéroport de Monrovia, il a été embarqué dans un hélicoptère des Nations Unies pour être transféré vers le tribunal spécial pour le Sierra Leone.

 

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