Des parlementaires américains confirment à New York leur intention de lier les contributions de leur pays aux réformes internes de l'ONU

27 mars 2006

A l'issue d'un entretien avec le Secrétaire général à New York, un groupe de parlementaires américains, républicains et démocrates, a déclaré être parvenu à un accord sur un projet de loi qui permettra au Secrétaire d'Etat américain de suspendre le versement des contributions de son pays si certaines réformes ne sont pas adoptées à l'ONU.

« Nous avons parlé des perspectives de réformes, que nous soutenons tous sans savoir comment y parvenir de manière homogène », a déclaré aujourd'hui Henry Hyde, président du Comité des relations internationales de la Chambre des représentants des Etats-Unis, à l'issue d'un entretien à New York avec le Secrétaire général et le représentant des Etats-Unis, John Bolton.

image• Retransmission du point de presse[13mins]

Le représentant républicain Henry Hyde a déclaré accepter le projet de loi proposé par son collègue démocrate, Tom Lantos, qui vise à soumettre le versement des contributions financières américaines à l'ONU au progrès de 39 points de la réforme de l'Organisation.

« J'avais proposé que cette condition soit automatique. Le projet de Tom Lantos soumet son application à une décision du Secrétaire d'Etat. J'approuve désormais ce projet », a-t-il indiqué, précisant que le Sénat n'était pas en faveur de sa proposition.

« Mais j'espère que l'on pourra avoir une législation qui nous permettra d'avoir de véritables réformes », a-t-il déclaré.

« Je pense parler au nom de tous mes collègues pour féliciter Jan Eliasson, pour sa nomination en tant que ministre des Affaires étrangères de la Suède. Nous avons eu un très bon entretien avec Kofi Annan. Nous le saluons pour son leadership extraordinaire », a déclaré pour sa part Tom Lantos.

Répondant à la question de savoir pourquoi les représentants avaient « adouci » le texte du projet de loi, Henry Hyde a indiqué que le gouvernement américain n'était pas du tout favorable au fait de suspendre ses contributions.

« Je suis convaincu, après avoir observé pendant des années la futilité des discussions sur le papier sans réelles conséquences, que l'argent est le nerf de la guerre. La seule manière d'attirer leur attention est de suspendre les contributions », a-t-il affirmé. « C'est une question de bon sens », a-t-il ajouté.

Tom Lantos s'est déclaré confiant dans l'utilité de cet outil législatif qui serait désormais entre les mains de Condoleezza Rice.

Présentant en septembre dernier, devant le Congrès américain, un bilan des réformes accomplies et en chantier à l'ONU, le chef de Cabinet du Secrétaire avait plaidé contre un autre projet de loi présenté par le sénateur Norm Coleman et le président du Comité des relations internationales, le sénateur Richard Lugar, qui visait à autoriser le président des Etats-Unis à geler chaque année jusqu'à 50% des contributions à l'ONU, si les Nations Unies ne respectaient pas certains critères d'efficacité.

« J'espère que vous comprendrez que nous divergeons respectueusement sur la méthode adoptée », avait déclaré le chef de cabinet, estimant que la méthode serait « contre-productive ».

Interrogé par ailleurs aujourd'hui sur la question iranienne, Tom Lantos a déclaré avoir eu un « dîner très plaisant avec l'ambassadeur iranien à l'ONU », précisant qu'il espérait qu'il serait pleinement répondu aux demandes américaines et que les dirigeants iraniens laisseraient la porte ouverte aux visites de représentants américains à Téhéran, ajoutant qu'il s'y rendrait lui-même bientôt.

Interrogé sur la position des Etats-Unis à l'égard du Conseil des droits de l'homme, notamment sur le fait d'apporter un soutien financier et même de poser sa candidature après avoir voté « non » lors de sa création, Henry Hyde a indiqué que le projet voté n'était certainement pas ce que son pays souhaitait.

« Si nous n'y sommes pas élus, cela sera révélateur de l'équité au sein du Conseil des droits de l'homme», a-t-il estimé.

 

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