Haïti : René Préval place ses espoirs dans le rétablissement de la sécurité afin d'attirer les investissements

27 mars 2006

Le président haïtien René Préval a souligné aujourd'hui lors d'une conférence de presse à New York l'espoir qu'il plaçait à terme dans les investissements privés pour la reconstruction des infrastructures de son pays, soulignant à nouveau la nécessité d'une aide d'urgence.

« Les gens sont dans une situation désespérée, y compris dans le domaine alimentaire. Il faut leur apporter une aide d'urgence pour créer des emplois et calmer la situation », a déclaré aujourd'hui le président d'Haïti René Préval, lors d'une conférence de presse donnée à l'issue d'une séance du Conseil de sécurité.

image• Retransmission de la conference de presse[29mins]

René Préval a décrit trois phases d'assistance à son pays : Premièrement une phase immédiate, d'urgence.

Deuxièmement, une phase à moyen terme à travers le CCI, un effort de la communauté internationale pour des investissements à moyen terme sur les infrastructures et les institutions.

Le Cadre de coopération intérimaire (CCI) est une évaluation des besoins du pays élaborée à l'occasion de la conférence des donateurs réunie à Washington en juillet 2004, qui décrivait le programme du gouvernement intérimaire pour les deux années à venir.

« Il faudra un déblocage rapide de ces fonds, évalués à 1 milliard 200 millions de dollars », a-t-il indiqué, précisant que « des dépenses ont déjà été consenties ».

La troisième phase vise les investissements privés. « Elle ne viendra pas tout de suite car le capital est peureux et qu'il lui faut des conditions de stabilité éprouvées, notamment politique », a-t-il estimé.

« En matière d'électricité, le pays a besoin de 200 megawatts, il en dispose de 30 actuellement. Les routes, la distribution de l'eau, tout cela reste à faire », a-t-il souligné à titre d'exemple.

Interrogé sur les « nombreux problèmes qui touchent le pays », René Préval a rappelé qu'il n'avait fait aucune promesse lors de la campagne présidentielle. « J'ai seulement promis de consulter la population pour définir les priorités et de lui rendre compte chaque fois qu'il y aurait des écueils ».

« Le problème ne se pose pas en termes d'échéance. Ce sera un processus long », a-t-il prévenu, s'estimant convaincu que la population acceptera les réponses de façon réaliste et qu'il n'attendra pas de miracle.

Interrogé sur la « réconciliation des classes sociales » dans le pays, René Préval a indiqué qu'il n'estimait pas qu'elle était à l'ordre du jour, mais qu'une « collaboration » était possible.

« La question de l'environnement », par exemple, « est une question qui intéresse tout le monde », les employés comme les patrons. Idem pour l'éducation, a-t-il dit.

« Je n'ai pas la prétention de vouloir régler le conflit entre le capital et le travail », a-t-il souligné, ajoutant qu'en revanche il espérait pouvoir rétablir les conditions minimum de sécurité dans le pays afin d'attirer le capital privé.

Interrogé sur le niveau de mortalité infantile en Haïti, parmi le plus élevé de l'hémisphère, le président haïtien a rappelé que l'on ne pouvait isoler les problèmes de santé des autres problèmes du pays.

« Nous avons notamment un programme d'assainissement de l'eau et de l'environnement pour faire face aux piqûres d'insectes, dans le cadre du CCI », a-t-il souligné.

René Préval a cité une coopération efficace avec Cuba dans le domaine de l'éducation, pour la formation de personnels qui retourneront dans leur localité d'origine. 500 autres médecins cubains apportent aussi une aide dans le pays.

Sur la question de la libération des « prisonniers politiques », René Préval a rappelé qu'il n'était pas encore institué au poste de président de la république mais qu'il avait demandé au président intérimaire de se pencher sur la question.

Interrogé enfin par un journaliste sur le statut de « l'occupation », en référence à la présence de la Mission de l'ONU dans le pays, René Préval a rappelé « qu'Haïti était membre de l'ONU et même fondateur de l'Organisation ».

« La communauté internationale a jugé utile d'aider Haïti. Cette Mission a accompli un travail satisfaisant et nous avons demandé qu'elle soit poursuivie. Nous avons une police faible, et extrêmement corrompue et nous avons besoin de la MINUSTAH », a-t-il insisté.

« Des vies et des biens sont en jeu. Il serait irresponsable de demander le départ prématuré de la Mission et pour la communauté internationale de la retirer prématurément », a souligné le président haïtien.

 

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