« Haïti est aujourd'hui un pays à construire » affirme René Préval devant le Conseil de sécurité

27 mars 2006

Prenant la parole pour la première fois aujourd'hui devant le Conseil de sécurité, le président d'Haïti, René Préval, a appelé la communauté internationale à poursuivre son assistance à long terme à son pays et à débloquer rapidement l'aide financière promise, condition indispensable au développement économique qui rendra aux Haïtiens leur dignité.

« Haïti est aujourd'hui un pays à construire. Les problèmes sont énormes et l'urgence est partout. La pauvreté, le chômage généralisé, l'état de délabrement des infrastructures de base indispensables au développement, l'insécurité chronique, représentent des défis majeurs auxquels doit faire face le prochain gouvernement », a déclaré aujourd'hui René Préval, lors de sa première intervention devant le Conseil de sécurité depuis son élection à la présidence d'Haïti lors du scrutin du mois de février.

René Préval prenait la parole lors d'une séance publique du Conseil de sécurité, en présence du Secrétaire général et du Représentant spécial du Secrétaire général et chef de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH), Gabriel Valdés.

image• Retransmission de la séance du Conseil de sécurité [2h56mins]

« Le vote massif du peuple haïtien aux élections du 7 févier dernier est une manifestation éloquente de sa volonté de vivre en paix et de participer à la reconstruction nationale. Il témoignage de son aspiration légitime à voir s'améliorer ses conditions matérielles d'existence. C'est une avancée significative vers le processus de stabilisation » a souligné le président haïtien.

René Préval est venu « solliciter l'appui de la communauté internationale pour un renouvellement de son engagement en faveur d'un programme d'aide à long terme à Haïti ».

Il a notamment rappelé les termes de la résolution 1212 (1998) du Conseil de sécurité, qui souligne « que le redressement économique et la reconstruction sont les principales tâches auxquelles sont confrontés le gouvernement et le peuple haïtiens et qu'une assistance internationale importante est indispensable au développement durable d'Haïti ».

La résolution invite les organes et institutions des Nations Unies, en particulier le Conseil économique et social, à contribuer à l'élaboration d'un tel programme, en particulier pour « la création d'emplois, l'amélioration des services sociaux de base, le renforcement institutionnel, et la création des conditions pour un investissement privé massif ».

S'agissant du « Cadre de Coopération Intérimaire » (CCI), prolongé jusqu'en décembre 2007, René Préval a demandé « aux bailleurs de fonds de continuer d'honorer leurs promesses en décaissant sans tarder les fonds annoncés afin d'appuyer le prochain gouvernement dans ses efforts de stabilisation du pays et de redressement socioéconomique » et salué « l'idée d'appeler à une conférence d'urgence des bailleurs de fonds sur Haïti ».

Le CCI est une évaluation des besoins du pays élaborée à l'occasion de la conférence des donateurs réunie à Washington en juillet 2004, qui décrivait le programme du gouvernement intérimaire pour les deux années à venir.

« Il existe une corrélation étroite entre la démocratie et le développement économique », a rappelé René Préval, qui a souligné que seule l'assistance internationale pourra permettre à Haïti de réaliser les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) et à rendre aux Haïtiens leur dignité.

S'agissant de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH), René Préval a souhaité qu'elle participe au renforcement de la police et du système judiciaire ainsi qu'au processus de désarmement et de démobilisation des bandes armées.

« J'entreprends actuellement des pourparlers avec la classe politique et les autres composantes de la nation pour que nous arrivions enfin à la réconciliation politique et sociale. L'objectif est de jeter les bases d'un système socio-politique pacifique et démocratique, éléments indispensables à la stabilité, la sécurité, la relance économique et la construction d'une société sans ostracisme », a déclaré René Préval.

Ce dernier a ajouté en conclusion avoir proposé un « pacte de gouvernabilité » aux composantes politiques et civiles de son pays.

« Nous devons démontrer à ceux que la pauvreté pousse au désespoir et même à la violence que la démocratie peut aider à améliorer leurs conditions de vie souvent inhumaines », a estimé pour sa part le Représentant spécial du Secrétaire général pour Haïti, Gabriel Valdès.

« Tant que la fracture sociale n'aura pas été réduite, l'objectif de réintégrer pleinement cet Etat, le plus pauvre de l'hémisphère, ne pourra être pleinement achevée », a-t-il ajouté, soulignant l'importance de l'insérer parmi les organisations internationales régionales.

En introduction de la séance, le Secrétaire général avait estimé « qu'Haïti ne fait que commencer le long voyage qui mène à un avenir stable et démocratique », appelant à « épauler le nouveau président d'Haïti dans ses efforts pour promouvoir une réconciliation politique générale ».

Kofi Annan a aussi rappelé que « le premier tour des élections législatives, qui s'est tenu le mois dernier », avait « clairement montré que les Haïtiens ont foi dans le processus démocratique ».

Par la voie d'une déclaration à la presse, le Conseil de sécurité avait félicité le 17 février dernier René Préval pour sa victoire à l'élection présidentielle en Haïti, avec 51,15% des voix au premier tour, et appelé tous les Haïtiens à « redoubler d'efforts » pour promouvoir la réconciliation nationale.

Voir l’ensemble des interventions au Conseil de sécurité dans le communiqué d’aujourd’hui.

 

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