Libéria : l'Envoyé de l'ONU met en garde le Conseil de sécurité contre une réduction précipitée de la Mission

24 mars 2006

Pour consolider le processus de paix au Libéria, après 14 ans de guerre civile et deux ans de transition politique, le chef de la Mission des Nations Unies dans le pays a mis en garde aujourd'hui le Conseil de sécurité contre une réduction précipitée du nombre de casques bleus déployés et demandé une aide à la reconstruction.

« Les deux prochaines années seront critiques pour le Libéria, a déclaré Alain Doss, Représentant spécial du Secrétaire général pour le Libéria et Chef de la Mission des Nations Unies au Libéria (MINUL), dans un exposé au Conseil de sécurité sur le dernier rapport du Secrétaire général.

« L'expérience nous a enseigné qu'un effort incomplet dans la consolidation de la paix est souvent un prélude à un nouveau conflit », a ajouté le Représentant spécial.

La MINUL ayant accompli un "grand nombre de ses tâches", elle pourrait être réduite d'un bataillon d'ici au mois de juin et d'un autre bataillon dans le courant de l'année 2007, affirme le dernier rapport du Secrétaire général.

Le déploiement d'une force de police supplémentaire pourrait être envisagée dans le même temps, ajoute-t-il.

Détaillant le plan du Secrétaire général, Alain Doss a fait savoir que la force de la MINUL pourrait être réduite à 15.000 hommes – contre plus de 16.000 actuellement.

Mais le Chef de la MINUL a souligné à quel point cette force était cruciale pour maintenir la paix « fragile » dans le pays, notamment pour aider le gouvernement à étendre son autorité dans toutes les régions, pour faciliter la réintégration des anciens combattants et pour assister les efforts de réconciliation.

Le Libéria a connu une guerre civile particulièrement sanglante qui a duré 14 ans et fait 250.000 morts. Un accord de paix global a été signé entre le gouvernement Taylor et les mouvements rebelles en août 2003. Le 16 janvier, Ellen Johnson Sirleaf, première femme élue chef d'Etat en Afrique, a prêté serment, après les élections démocratiques du mois d'octobre dernier.

Au Conseil de sécurité vendredi dernier, la nouvelle présidente du Libéria a rappelé qu'elle continuerait à « compter sur l'aide des Nations Unies » pour faire face aux énormes défis de ce « pays encore fragile ».

« Nos forces armées ne sont pas encore complètement reconstituées tandis que la reconstruction des forces de police n'est pas achevée. Je demande donc instamment au Conseil de maintenir une présence des Nations Unies au Libéria », a déclaré la présidente.

Ellen Johnson Sirleaf a aussi demandé la levée des sanctions imposées sur les exportations de diamants et le maintien d'une présence des Nations Unies dans son pays ravagé par plus d'une décennie de guerre (dépêche du 17.03.06).

 

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