Burundi : le Conseil de sécurité demande la cessation immédiate des violences de toutes les parties

23 mars 2006

Approuvant un plan de retrait des Nations Unies du Burundi d'ici à décembre prochain et se déclarant « profondément préoccupé » par la poursuite des combats entre les Forces nationales de libération (FNL) et l'armée burundaise, le Conseil de sécurité a demandé aujourd'hui la « cessation immédiate » des violences et des violations des droits de l'homme commises par les deux parties.

Le Conseil de sécurité est profondément préoccupé par la poursuite des violences auxquelles se livrent les Forces nationales de libération (FNL) et des combats entre celles-ci et l'armée burundaise, par les violations des droits de l'homme commises par les deux parties, ainsi que par les facteurs d'instabilité qui subsistent dans la région », a affirmé aujourd'hui son président dans une déclaration présidentielle.

« Il demande la cessation immédiate des hostilités et des violations des droits de l'homme. Il salue l'engagement pris par le président Nkurunziza de traduire en justice les responsables de ces violations et encourage les autorités burundaises à œuvrer à cette fin en étroite liaison avec les observateurs des droits de l'homme des Nations Unies », a ajouté le président.

image• Retransmission de la séance du Conseil de sécurité[5mins]

Représentant de l'Argentine et président du Conseil pour le mois de mars, César Mayoral, s'exprimait à l'issue de consultations au cours desquelles l'Envoyée de l'ONU pour le Burundi, Carolyn McAskie, a présenté un exposé sur la situation dans le pays (voir la conférence de presse présentée hier au siège de l'ONU).

« Le Conseil de sécurité prend note avec satisfaction des déclarations que le chef des FNL, Agathon Rwasa, a faites à Dar es-Salaam dernièrement, manifestant sa disponibilité à négocier en vue de mettre un terme définitif aux violences. Le Conseil exhorte les deux parties à saisir l'occasion de ces négociations en vue de ramener la paix dans tout le pays », indique la déclaration présidentielle.

Dans ce contexte, il prie le Secrétaire général de le tenir régulièrement informé de l'évolution de la situation et du plan de désengagement de l'Opération des Nations Unies au Burundi (ONUB) ».

Sur le volet social, le Conseil de sécurité a salué les « progrès accomplis par le gouvernement burundais depuis l'achèvement de la transition et notamment ses efforts tendant à réduire la pauvreté ».

Il a enfin encouragé les parties burundaises à « poursuivre dans la voie des réformes agréées à Arusha, en maintenant l'esprit de dialogue, la recherche du consensus et l'approche sans exclusive qui ont rendu possible le succès de la transition dans leur pays ».

Le Conseil a par ailleurs approuvé les recommandations formulées par le Secrétaire général dans son dernier rapport sur l'ONUB daté du 14 mars.

« Le pays doit faire face à un redoutable ensemble de problèmes interdépendants qui se posent dans l'immédiat ou qui apparaîtront à long terme (sécurité, développement, situation sociale et humanitaire) et qui exigeront une attention pressante, considérable et ininterrompue de la part du gouvernement et de ses partenaires internationaux », estimait le Secrétaire général dans ce rapport, qui rappelait « qu'après plus de 10 ans d'un conflit dévastateur, la situation économique et les conditions de sécurité au Burundi restent extrêmement fragiles, d'où la nécessité d'un engagement massif de toutes les parties concernées ».

S'agissant de l'assistance des Nations Unies, le Secrétaire général décrit un « plan prévoyant le retrait de l'ONUB du Burundi d'ici au 31 décembre 2006 », « mis au point en consultation avec le gouvernement après que celui-ci eut demandé expressément et énergiquement le dégagement rapide de la présence de maintien de la paix des Nations Unies ».

« Comme il a été demandé par le gouvernement, le désengagement des 3.536 membres de la force de l'ONUB restants, y compris 120 observateurs militaires, des provinces de Cibitoke, Bubanza, Bujumbura Rural et Bujumbura Mairie, pourrait s'effectuer entre août et décembre. Le retrait complet des forces de l'ONUB de Cibitoke (un bataillon) serait achevé d'ici à la fin de septembre, de Bubanza (un bataillon) en novembre, et de Bujumbura Rural et Bujumbura Mairie en décembre », indique le rapport.

Dans le domaine de la formation des forces de la Police nationale et à la demande du gouvernement, « 15 instructeurs de l'ONUB demeureraient sur place afin d'aider au renforcement des capacités de base en matière de surveillance policière, y compris l'encadrement et la formation axée sur la spécialisation et l'harmonisation ».

« L'ONUB s'est incontestablement acquittée de ses premières tâches, et les priorités en matière d'aide devraient maintenant commencer à évoluer avec l'avancée du processus de paix », estime le Secrétaire général.

Mais « compte tenu de l'ampleur des problèmes qui attendent le pays, et eu égard aux enseignements tirés par l'ONU dans des situations d'après conflit comparables, il ne faudrait pas sous-estimer la gravité des risques futurs », affirme Kofi Annan.

« Si les efforts qui sont faits pour régler nombre des causes profondes du conflit ne se traduisent pas par de réels progrès, on pourrait bien assister à une résurgence du conflit », prévient-il.

« Certes, le gouvernement, les organismes des Nations Unies et les donateurs internationaux poursuivront leur action de concert pour décider de la meilleure façon de structurer la présence des Nations Unies, en se fondant sur l'hypothèse que l'ONUB se sera complètement retirée d'ici au 31 décembre 2006, mais il serait sage de continuer à surveiller de près l'évolution de la situation et d'évaluer celle-ci dans les mois à venir, en consultation avec le Gouvernement et les principales parties prenantes », insiste-t-il.

« Si la situation l'exige, la vitesse du retrait de l'ONUB pourra alors être ajustée en conséquence en pleine consultation avec le gouvernement », conclut le rapport.

 

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