RDC : Kofi Annan à Kisangani

23 mars 2006

Le Secrétaire général s'est rendu aujourd'hui à Kisangani, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), une région en proie à l'insécurité où 14.000 casques bleus sont déployés - sur les 17.000 présents dans le pays – pour lutter contre les milices rebelles en provenance des pays voisins qui terrorisent les populations civiles.

Le Secrétaire général a visité le quartier de général de la Division orientale de la Mission de l'ONU en RDC (MONUC). Il s'est également rendu dans le bureau local de la Commission électorale indépendante (CEI), a indiqué aujourd'hui son porte-parole, lors de son point de presse quotidien à New York.

La CEI a fixé au 18 juin prochain le premier tour des élections présidentielles et législatives en RDC - les premières élections dans le pays depuis 45 ans - qui devraient mettre fin à trois années de transition politique, après cinq années de guerre civile (dépêche du 22.03.06 et (dépêche du 10.03.06).

Kofi Annan a ensuite rencontré l'archevêque de Kisangani, Laurent Monsengwo.

Interrogé par la presse, hier à Kinshasa, sur les milices rebelles qui sèment la terreur dans l'Est du pays et notamment « les Forces pour la Libération du Rwanda (FDLR) qui sèment la désolation au Sud-Kivu et au Nord-Kivu », le Secrétaire a rappelé que la « RDC était un pays libre ».

« Je crois que le bon voisinage et les relations entre la RDC et ses voisins sont en train d'être améliorées et j'encourage les leaders concernés à travailler ensemble et à tout faire pour apaiser la région parce que c'est dans l'intérêt de tout le monde, de tous les pays et de tous les chefs d'Etat », a affirmé Kofi Annan.

Le Secrétaire général a également condamné la présence en territoire congolais des milices de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA) de l'Ouganda.

« Je ne crois pas qu'on puisse accepter dans le Parc national de la Garamba la présence des milices qui attaquent la population et les Casques bleus », a-t-il déclaré.

« Les Nations Unies - le Conseil de sécurité - ont déjà voté des résolutions contre ce genre d'action, qui est illégale. C'est pour ça que je suis très content qu'on ait arrêté Thomas Lubanga », a-t-il prévenu.

Thomas Lubanga Dyilo, fondateur et dirigeant présumé de l'Union des patriotes congolais, a été arrêté à Kinshasa par les autorités congolaises et transféré, vendredi dernier, à la Cour pénale internationale (CPI). Soupçonné de crimes de guerre, c'est la première personne à avoir été arrêtée et transférée à la CPI depuis l'entrée en vigueur du Statut de Rome en 2002 (communiqué de la CPI du 17.03.06 et communiqué du 20.03.06).

« C'est un très bon exemple pour les autres, c'est le message qu'on ne peut pas accepter l'impunité. La communauté internationale travaillant avec le gouvernement doit tout faire pour s'assurer que ce genre d'activités ne continue pas », a poursuivi Kofi Annan en référence à cette arrestation.

En visite récemment en RDC, Jean-Marie Guéhenno, Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, avait inspecté les forces des Nations Unies déployées dans l'est du pays (dépêche du 13.03.06).

« Nous agissons sur plusieurs plans. On continue de conduire avec les forces armées de la RDC un certain nombre d'opérations pour éviter qu'il y ait des foyers graves d'insécurité », avait indiqué Jean-Marie Guéhenno.

« On continue aussi nos actions de formation de la police parce que seuls les Congolais pourront assurer une sécurité en profondeur. Car le pays est tellement vaste et notre force ne peut pas avoir l'ambition d'être partout », avait ajouté le chef des opérations de maintien de la paix.

Avec 17.000 casques bleus, la MONUC, déployée à partir de 1999, est actuellement la plus importante des 18 opérations de maintien de la paix des Nations Unies.

La guerre civile, qui a fait 4 millions de morts en RDC, a impliqué 6 pays voisins. Les combats continuent dans 11 provinces du pays.

 

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