Iran : premières consultations du Conseil de sécurité sur le dossier nucléaire

17 mars 2006

Saisi de la question depuis le 9 mars, le Conseil de sécurité a tenu aujourd'hui, pour la première fois, des consultations formelles à huis clos sur le dossier nucléaire iranien afin d'étudier un texte, demandant à l'Iran de se conformer aux exigences de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), qui pourrait être adopté la semaine prochaine.

Prenant la parole devant la presse après les consultations, plusieurs ambassadeurs ont affirmé que le Conseil de sécurité était proche d'un accord sur un texte qui pourrait être adopté la semaine prochaine sous la forme d'une déclaration présidentielle ou d'une résolution.

« Nous voulons renforcer les décisions de l'AIEA, nous voulons réaffirmer notre volonté de voir l'Iran se conformer aux exigences du Conseil des gouverneurs et nous voulons demander un rapport au directeur de l'agence », a déclaré Emyr Jones Parry, Représentant permanent du Royaume-Uni, lors d'une rencontre avec la presse.

image• Retransmission de la rencontre avec la presse des représentants britannique et français [8mins]

Depuis le 9 mars, deux séries de consultations informelles ont déjà eu lieu à New York entre les cinq membres permanents du Conseil de sécurité - Chine, Etats-Unis, Russie, France et Royaume-Uni.

Un deuxième projet de texte sur le nucléaire iranien a circulé au cours des consultations officielles d'aujourd'hui.

« Nos collègues nous ont fait savoir que le nouveau texte était proche de ce qu'ils souhaitaient », a affirmé l'ambassadeur britannique.

image• Retransmission de la rencontre avec la presse du représentant chinois [2mins]

Espérant que le texte soit adopté très prochainement, le Représentant permanent de la France, Jean-Marc de la Sablière, a fait savoir que les prochaines consultations formelles du Conseil de sécurité se tiendraient mardi prochain.

L'ambassadeur français avait préconisé, le 9 mars dernier, « une approche graduelle » afin d'encourager l'Iran à revenir à la suspension de ses activités d'enrichissement de l'uranium.

Mohamed ElBaradei, directeur général de l'AIEA, avait transmis, le même jour, au Conseil de sécurité son dernier rapport sur l'Iran, dans lequel il regrettait que la situation concernant la nature du programme nucléaire iranien soit « toujours aussi floue », laissant entrevoir une possible dimension nucléaire militaire (dépêche du 08.06.03 et dépêche du 06.03.06).

A l'issue d'une réunion « extraordinaire » sur la question, le Conseil des gouverneurs de l'AIEA avait adopté, le 4 février dernier, une résolution demandant le transfert du dossier, c'est-à-dire de « tous les rapports et résolutions relatifs à la mise en œuvre des garanties en Iran », au Conseil de sécurité.

Le Conseil des gouverneurs avait estimé « nécessaire » que l'Iran rétablisse la suspension de « toutes activités liées à enrichissement et au retraitement, y compris la recherche et le développement ».

Il estimait aussi nécessaire que Téhéran « ratifie immédiatement et mette en oeuvre pleinement le Protocole additionnel » au Traité de non prolifération nucléaire (TNP) que l'Iran a signé en décembre 2003 et qui constitue le principal outil international de surveillance d'un programme nucléaire.

La résolution demandait également à l'Iran de « rétablir pleinement et rapidement sa coopération » avec l'AIEA, ce qui permettrait de « clarifier les possibles activités qui pourraient avoir une dimension nucléaire militaire » (dépêche du 06.02.06).

L'Iran avait provoqué, début janvier, une crise diplomatique en annonçant la reprise de ses activités liées à l'enrichissement de l'uranium qui sert à fabriquer du combustible pour les centrales nucléaires civiles mais qui peut-être utilisé pour la fabrication de l'arme atomique (dépêche du 11.02.06)

 

♦ Recevez des mises à jour quotidiennes directement dans votre boîte mail - Inscrivez-vous ici.
♦ Téléchargez l'application ONU Info pour vos appareils iOS ou Android.