Libéria : Ellen Johnson-Sirleaf demande au Nigeria de déférer Charles Taylor devant la justice

17 mars 2006

La nouvelle présidente du Libéria, Ellen Johnson-Sirleaf, a confirmé, aujourd'hui au siège de l'ONU, qu'elle avait demandé au Nigeria et aux dirigeants africains de la région de prendre la « décision collective » de déférer l'ancien président Charles Taylor devant le Tribunal spécial pour la Sierra Leone.

La nouvelle présidente du Libéria, Ellen Johnson-Sirleaf, a confirmé, aujourd'hui au siège de l'ONU, qu'elle avait demandé au Nigeria et aux dirigeants africains de la région de prendre la « décision collective » de déférer l'ancien président Charles Taylor devant le Tribunal.

Lors d'une conférence de presse donnée au siège de l'ONU à New York, à l'issue d'une séance publique du Conseil de sécurité sur la situation au Libéria, Ellen Johnson-Sirleaf a refusé le terme « extradition », en parlant de l'ancien chef d'État qui vit en exil au Nigeria depuis qu'il a quitté le pouvoir en août 2003.

« Ce que nous voulons, c'est clore définitivement ce dossier et retirer 'cette épée de Damoclès' qui pèse sur la stabilité du Libéria », a expliqué la présidente libérienne.

image• Retransmission de la conférence de presse [22mins]

Tout en affirmant ne pas avoir de preuves tangibles de l'ingérence de Charles Taylor dans les affaires intérieures libériennes, Ellen Johnson-Sirleaf a estimé qu'un homme qui est resté au pouvoir aussi longtemps garde forcément des partisans qui maintiendront leur lien tant qu'une autre alternative ne leur sera pas présentée.

Elle a affirmé qu'elle avait appelé le président du Nigeria, Olusegun Obasanjo, pour qu'il consulte ses pairs africains sur les moyens de hâter le jugement de Charles Taylor « dans un environnement non hostile, respectueux de toutes les garanties judiciaires ».

La présidente du Libéria a insisté sur l'importance d'une décision collective des pays africains et rappelé la promesse du Nigeria de déférer Charles Taylor dès qu'un gouvernement élu au Libéria lui soumettrait la demande.

Quant à la question de savoir si les Libériens considèreront que justice est faite alors que Charles Taylor est appelé à être jugé par un Tribunal en Sierra Leone, elle a répondu que ce n'est pas le Libéria qui poursuivait Charles Taylor.

« Justice sera faite, ajouté Ellen Johnson-Sirleaf, le jour où les projecteurs des médias se désintéresseront du sort d'un seul homme, Charles Taylor, pour se braquer sur la marche des 3 millions de Libériens vers le développement et la stabilité ».

Charles Taylor, ancien président du Libéria, a été inculpé, le 3 mars 2003, par le Tribunal spécial pour la Sierra Leone pour crimes contre l'humanité perpétrés dans ce pays au cours d'une guerre civile particulièrement sanglante qu'il a alimentée.

Elu président par les Libériens en 1996, Charles Taylor vit en exil dans le sud du Nigéria depuis qu'il a quitté le pouvoir en août 2003, sous la pression des rebelles, qui assiégaient la capitale du Libéria, et de la communauté internationale.

Dans la résolution 1637, votée en novembre dernier, le Conseil de sécurité a autorisé la Mission des Nations Unies (MINUL) à placer en détention l'ancien président Taylor, s'il retournait dans son pays, et à le transférer au Tribunal spécial pour la Sierra Leone pour qu'il y soit jugé (dépêche du 11.11.05).

Créée par la résolution 1509, la MINUL appuie les efforts de paix du Libéria depuis septembre 2003.

Après 14 ans de guerre civile et une période de transition de deux ans, les élections du 11 octobre dernier ont porté Ellen Johnson-Sirleaf au pouvoir.

Ellen Johnson-Sirleaf, qui a prêté serment le 16 janvier dernier, a succédé à Guy Bryant qui a dirigé le gouvernement de transition, mis en place après la signature, en août 2003, de l'accord de paix entre le gouvernement Taylor et les mouvements rebelles - le LURD (Libériens pour la réconciliation et la démocratie) et le MODEL (Mouvement pour la démocratie au Libéria) (dépêche du 16.01.05).

 

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