La création d'un Conseil des droits de l'homme, une décision « historique », selon Kofi Annan

15 mars 2006

Rappelant que le vote du texte n'était qu'une « première étape », le Secrétaire général s'est félicité aujourd'hui de l'adoption par l'Assemblée générale d'une « résolution historique » qui crée un Conseil des droits de l'homme et qui donne « une chance aux Nations Unies de prendre un nouveau départ dans la défense de ces droits ».

« Je félicite le président Eliasson et je le remercie pour sa patience et sa ténacité qui ont permis de mener à terme cette question sensible », a déclaré Kofi Annan, dans un message transmis aujourd'hui par son porte-parole, après le vote par les Etats Membres d'une résolution établissant un nouveau Conseil des droits de l'homme qui remplacera la Commission.

« Aucun pays ne sera entièrement satisfait de chacun des paragraphes de la résolution mais c'est le propre des négociations internationales », a affirmé le Secrétaire général, faisant référence notamment aux critiques formulées par les Etats-Unis qui ont voté « non » au texte présenté par le président de l'Assemblée, Jan Eliasson, après cinq mois de négociations.

« Le texte préserve les forces de la Commission des droits de l'homme, comme le système spécial des procédures et la participation des organisations non gouvernementales (ONG), en même temps qu'il met en place des innovations pour répondre aux faiblesses de la Commission », a fait remarquer Kofi Annan.

« Globalement, la résolution donne une solide fondation, sur laquelle tous ceux qui sont engagés dans la cause des droits de l'homme doivent construire », a dit le Secrétaire général, espérant que les Etats réussiront à construire « un cadre dans lequel tous les gouvernements du monde entier pourront travailler ensemble à promouvoir les droits de l'homme, d'une manière efficace, comme jamais auparavant ».

« C'est la première étape d'un changement. Dans les semaines à venir, les Etats qui souhaiteront être élus membres du nouveau Conseil devront faire présenter leurs engagements pour protéger et promouvoir les droits de l'homme », a fait observer Kofi Annan.

« L'Assemblée générale qui élira tous les candidats aura la responsabilité de suspendre les membres qui commettent des graves et massives violations des droits de l'homme », a-t-il rappelé.

« Les membres du Conseil devront s'engager à respecter les standards les plus élevés dans le domaine des droits de l'homme, à coopérer pleinement avec le Conseil et à subir eux-mêmes un examen au cours de leur mandat », a-t-il relevé.

« Le mécanisme de l'examen universel permettra au Conseil de forcer tous les Etats membres à respecter leurs obligations concernant les droits de l'homme, de manière juste et équitable, sans discernement ou 'double standard' », a insisté le Secrétaire général.

« Le Conseil se réunira régulièrement tout au long de l'année et pourra tenir des sessions spéciales si besoin est. Ce qui devrait permettre de gérer immédiatement des crises dans le domaine des droits de l'homme, au moment même où elles interviennent », a-t-il affirmé.

« Le véritable travail commence à présent. La crédibilité de ce Conseil dépendra en fin de compte de l'usage qu'en feront les Etats. Si, dans les semaines et les mois qui viennent, ils agissent selon les engagements pris dans la résolution, je suis confiant sur le fait que le Conseil apportera une nouveau souffle à la défense des droits de l'homme et, de ce fait, améliorera la vie de millions de personnes dans le monde », a-t-il conclu.

L'Assemblée générale a voté à la majorité de 170 voix « pour », en faveur de la création d'un nouveau Conseil des droits de l'homme composé de 47 membres qui siégera au moins 10 semaines par an (dépêche d'aujourd'hui et dépêche du 23.02.06).

Quatre pays on voté « contre » - Etats-Unis, Îles Marshall, Israël et Palau - et trois pays se sont abstenus - Belarus, République islamique d'Iran et Venezuela.

Actuellement en visite officielle en Afrique du Sud, Kofi Annan s'était déclaré, plus tôt dans la journée, convaincu que même s'ils ne votaient pas en faveur du texte, les Etats-Unis trouveraient le moyen de participer à ses travaux.

« Je suis sûr que les Etats-Unis, qui ont tant fait pour les droits de l'homme, trouveront un moyen de travailler avec les autres Etats Membres afin de faire du Conseil l'institution espérée », avait affirmé le Secrétaire général, lors d'une conférence de presse donnée à Johannesburg, avec l'ancien président sud africain Nelson Mandela (dépêche du 15.03.06).

 

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