Les agences des Nations Unies marquent la Journée mondiale de la femme et dénoncent les violences sexuelles

8 mars 2006

Les agences des Nations Unies ont marqué aujourd'hui la Journée internationale de la femme, célébrant les progrès significatifs accomplis dans l'égalité entre les sexes mais déplorant les violations flagrantes et persistantes des droits des femmes qui restent soumises à la discrimination, la violence et l'exploitation dans le monde entier.

Si la Journée internationale de la femme - qui a pour thème cette année « le rôle des femmes dans la prise de décisions - est une « célébration » des progrès accomplis, elle reste avant tout une journée de « réflexion » sur les progrès qui restent à faire, a estimé Noeleen Hayer, directrice du Fonds des Nations Unies pour le développement de la Femme (UNIFEM) dans une conférence de presse donnée aujourd'hui au siège de l'ONU à New York.

image• Retransmission de la conférence de presse [15mins]

A ce jour, 181 pays ont ratifié la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (CEDAW) et 120 gouvernements ont adopté des plans d'action pour mettre en ouvre l'égalité entre les sexes, s'est félicité la directrice.

« Les pays sortant de conflits incluent des dispositions sur l'égalité des sexes dans leurs constitutions. D'autres encore adoptent des lois pour renforcer l'accès des femmes à la santé, à l'éducation et à l'emploi et pour mettre fin aux violences à l'égard des femmes », a salué l'UNIFEM dans un communiqué publié aujourd'hui à New York.

« La place des femmes dans les postes à décision de très haut niveau augmente comme le montre l'élection de Ellen Johnson Sirleaf à la présidence du Libéria et de Michelle Bachelet à la présidence du Chili », a encore souligné Noeleen Hayer.

« Aujourd'hui il y a deux fois plus de femmes qui ont des postes de décisions dans le domaine économique qu'il y a cinq ans. On compte par exemple 20 ministres des Finances et 10 ministres de l'Economie dans le monde », a encore précisé la directrice de l'UNIFEM.

En dépit des grands progrès accomplis au cours des dernières décennies, les femmes restent soumises à la discrimination, la violence et l'exploitation dans le monde entier, a regretté pour sa part la directrice du Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) Ann Veneman, dans un discours prononcé à Washington.

« Aujourd'hui, partout dans le monde, et en particulier dans les pays en développement, des femmes et des filles souffrent en silence, loin des caméras et dans l'indifférence générale, a rappelé la directrice de l'UNICEF. Dans trop de nations et de régions, les femmes sont encore dévaluées et ignorées, ou traitées comme des citoyennes de seconde classe. Elles sont bien souvent victimes d'inégalités flagrantes ou pire encore ».

« La violence contre les femmes est la forme extrême de l'inégalité, a estimé Ann Veneman. Il est difficile d'imaginer un acte plus brutal et laissant des traces plus profondes que la violence sexuelle ».

« Tout en rappelant que la violence sexuelle est un phénomène qui ne se cantonne pas à un pays ou une culture en particulier, la directrice de l'UNICEF a fait valoir qu'elle prenait des dimensions nouvelles dans les pays en développement et les zones de conflit. Pendant le génocide de 1994 au Rwanda, 500.000 femmes ont été battues et violées, souvent par des hommes porteurs du VIH ».

Ann Veneman a aussi évoqué certaines des femmes et des filles victimes d'agressions sexuelles qu'elle a rencontrées la semaine dernière en République démocratique du Congo. Elle a parlé notamment d'une fillette de douze ans, orpheline, qui était partie ramasser du bois pour le feu et qui a été violée et battue par quatre hommes dans la brousse ou d'une femme de soixante ans que deux soldats ont attaquée et ligotée, puis violée et battue alors qu'elle était partie aux champs pour chercher de quoi nourrir sa famille.

« Le viol est utilisé comme arme de guerre afin de terrifier et démoraliser les communautés, de tirer vengeance des hommes en s'attaquant aux femmes ou tout simplement parce que trop de criminels sont convaincus qu'ils peuvent agir en toute impunité », a dénoncé la chef de l'UNICEF.

De son côté, le Haut commissariat des Nations Unies aux réfugiés (HCR) a mis l'accent sur les problèmes qui touchent les filles et les femmes réfugiées.

« Dans chaque population de réfugiés, on compte approximativement 50% de femmes et de jeunes filles. Dépouillées de la protection de leur maison, de leur gouvernement et souvent de leur structure familiale, les femmes sont particulièrement vulnérables. Elles font face aux longs voyages vers l'exil, au harcèlement ou à l'indifférence et aux fréquents abus sexuels, même après avoir rejoint un endroit sûr en apparence », rappelle le HCR dans une page consacrée aux femmes.

Dans un communiqué publié hier Damak, le HCR témoignait de la violence sexuelle contre les femmes qui vivent aujourd'hui dans des camps de réfugiés au Népal.

Voir également les interviews de trois dirigeantes du HCR.

 

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