Le G-77 proteste contre "l'empiètement" du Conseil de sécurité sur les prérogatives de l'Assemblée générale

22 février 2006
Dumisani  Kumalo

« Je réaffirme que le Conseil de sécurité n'était pas le forum approprié pour tenir un débat sur la gestion des opérations de maintien de la paix », a déclaré aujourd'hui Dumisani Kumalo, président du Groupe des 77, à l'issue d'une séance du Conseil de sécurité au cours de laquelle le Secrétariat a présenté un rapport sur les abus financiers dans les opérations de maintien de la paix.

Dans sa déclaration, Dumisani Kumalo, ambassadeur de l'Afrique du Sud dont le pays a la présidence du Groupe des 77, a rappelé aujourd'hui les prérogatives et les fonctions de l'Assemblée générale en matière de surveillance relatives à toutes les questions qui touchent au Secrétariat et aux ressources de l'Organisation.

image• Retransmission du point de presse de Dumisani Kumalo[6mins]

« L'argument selon lequel ceux qui paient des contributions plus élevées ont un droit de regard supérieur n'est pas pertinent », a souligné l'ambassadeur Kumalo.

« Ce n'est pas parce qu'ils paient plus de 50% du budget de l'Organisation que les Etats-Unis, le Japon et l'Allemagne détiennent des actions de première classe et le reste des Etats Membres des actions de deuxième classe », a ironisé l'ambassadeur.

« L'ONU n'est pas une société commerciale, c'est une organisation intergouvernementale et nos contributions sont évaluées en fonction de notre capacité à payer », a-t-il rappelé.

Le G-77 et la Chine avaient rappelé à plusieurs reprises la semaine dernière, et notamment hier lors d'une conférence de presse, que toutes les allégations d'abus, de fraudes et d'irrégularités de gestion visant le Secrétariat relevaient de la compétence de l'Assemblée générale.

Le Conseil de sécurité était saisi ce matin d'un audit réalisé, à la demande de l'Assemblée générale, par le Bureau des services de contrôle interne (BSCI, OIOS selon son acronyme anglais) portant sur les pratiques du Département des opérations de maintien de la paix (DOMP) et sur les risques de fraude et d'abus de pouvoir dans les domaines opérationnels.

Le Représentant permanent de l'Afrique du Sud avait estimé hier qu'il était inapproprié « qu'un organe comptant seulement 15 membres se saisisse » de cette question.

Après les protestations du G-77, le président du Conseil de sécurité, l'ambassadeur des Etats-Unis John Bolton, avait décidé de rendre la réunion publique afin que tous les Etats Membres qui le souhaitaient puisse y prendre la parole.

Voir l'ensemble des interventions au Conseil de sécurité dans le communiqué de l'ONU.

 

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