République centrafricaine : un appel de fonds lancé lundi prochain par les Nations Unies

17 février 2006
Réfugiés de la République centrafricaine au Tchad

Les Nations Unies vont lancer, lundi prochain à Yaoundé au Cameroun, un appel de fonds en faveur de la République centrafricaine, en proie à une grave crise humanitaire qui reste « négligée » par la communauté internationale, alors que l'espérance de vie baisse de six mois chaque année et que des centaines de personnes fuient le pays tous les jours.

« Evoquant, il y a un mois, la détérioration de la situation dans le nord de la République centrafricaine, le Haut Commissaire aux réfugiés des Nations Unies, Antonio Guterres, en avait parlé comme de la crise la plus négligée au monde », rappelle un communiqué du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), publié aujourd'hui à New York.

« Personne n'en parle, pourtant ce problème est en train de prendre une énorme ampleur, il s'agit d'une tragédie majeure qui se déroule au cœur du continent africain », avait insisté le chef du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).

« Les rapports que nous recevons du terrain sont alarmants et il est décourageant de ne pas pouvoir fournir immédiatement une aide alimentaire », a déclaré Dominique Ferretti, directeur par intérim du Programme alimentaire mondial (PAM).

Selon les dernières estimations, un million de personnes sont actuellement dans une situation particulièrement vulnérable. L'espérance de vie continue de baisser de six mois chaque année. Des milliers de personnes ont perdu leur logement du fait de l'aggravation de la violence et de l'insécurité dans le nord du pays, en proie à l'anarchie, depuis juin 2005.

Depuis lors, 15.000 Centrafricains se sont enfuis vers le sud du Tchad, s'ajoutant ainsi aux 30.000 réfugiés déjà présents dans ce pays depuis la guerre civile de 2003.

Le nombre de réfugiés centrafricains arrivant au Tchad a augmenté de manière significative cette année. Quelque 4.300 personnes ont franchi la frontière depuis janvier, dont 3.785 pour le seul mois de février.

Un nouvel afflux de plus de 2.500 réfugiés a franchi la frontière au sud du Tchad cette semaine, fuyant des attaques violentes de bandits, de rebelles armés et des forces de sécurité dans le nord du pays, a alerté aujourd'hui Ron Redmond, porte-parole du HCR, lors d'une conférence de presse donnée à Genève.

« Les réfugiés déclarent que les récentes attaques qui ont eu lieu dans leurs villages les ont contraints à fuir et à tout abandonner derrière eux. Certains réfugiés ont expliqué au HCR qu'ils avaient été attaqués par des bandits surnommés 'coupeurs de route'. D'autres ont indiqué avoir été violemment attaqués par les rebelles armés et/ou par l'armée », a rapporté Ron Redmond.

« Les réfugiés ont également indiqué que des civils avaient été tués lors de ces attaques. Les autorités tchadiennes ont fait savoir que, depuis dimanche, au moins 50 civils avaient été tués. Six personnes blessées au cours des attaques en République centrafricaine ont été transportées dans les hôpitaux des villes de Gore et Bongor au sud du Tchad pour y être soignées », a encore dit le porte-parole.

 

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