Haïti : la MINUSTAH en déploiement maximum pour assurer la sécurité des élections

6 février 2006
Hédi Annabi

« Tout est maintenant en place pour le déroulement de l'élection », a déclaré aujourd'hui à New York le sous-secrétaire général aux opérations de maintien de la paix, qui vient d'effectuer une visite à Haïti, à l'heure où la mission des Nations Unies dans le pays opère un déploiement maximum pour assurer la sécurité du scrutin électoral dont le premier tour a lieu demain.

« Le premier tour des élections présidentielles aura lieu demain. Si aucun candidat ne remporte plus de 50% des voix, le deuxième tour aura lieu le 19 mars et le nouveau président entrera en fonctions le 29 mars. Le processus électoral s'achèvera par l'organisation d'élections locales le 13 avril », a expliqué le sous-secrétaire général aux opérations de maintien de la paix, Hedi Annabi, lors d'une conférence de presse donnée aujourd'hui au siège de l'ONU à New York, après une visite de cinq jours dans le pays.

image• Retransmission de la conférence de presse [46mins]

Hedi Annabi a indiqué qu'à partir de demain ou d'après-demain, l'actuel gouvernement de transition jouerait le rôle d'un gouvernement intérimaire, « afin d'assurer l'expédition des affaires courantes », jusqu'au 29 mars.

Sur le déroulement des élections de demain, qui ne sont pas organisées par l'ONU mais qui ont été laissées à la charge du Conseil électoral provisoire, le sous-secrétaire général s'est déclaré encouragé par le fait que « 92% des cartes d'électeurs aient été retirées », ce qui montre que les Haïtiens sont déterminés à participer.

Faisant écho au message du Secrétaire général transmis aujourd'hui aux Haïtiens, il a estimé « essentiel » que les élections se déroulent de manière « pacifique » (voir notre dépêche d'aujourd'hui).

« Toute la journée de demain, 7.500 membres des forces de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH), et près de 800 policiers, patrouilleront de façon intensive aux côtés des forces de police haïtienne », a-t-il expliqué.

« Je voudrais souligner que toute tentative visant à troubler le processus démocratique recevra une réponse rapide et vigoureuse », a déclaré Hedi Annabi.

« Il est aussi important que le résultat des élections soit accepté par tous », a-t-il ajouté.

Citant le dernier rapport du Secrétaire général sur la MINUSTAH qui devrait être distribué très prochainement, il a rappelé que « la communauté internationale devra travailler avec le peuple haïtien et leurs nouveaux dirigeants pour s'atteler aux efforts nécessaires à long terme », notamment l'édification d'institutions clefs telles que la police et les droits de l'homme.

« Ce rapport ne préconise pas un renforcement du nombre de troupes mais recommande une extension de six mois du mandat de la MINUSTAH, qui expire le 15 février », a précisé le sous-secrétaire général en réponse à la question d'un journaliste.

« Cela laissera du temps pour l'installation du nouveau gouvernement et pour l'envoi d'une mission d'évaluation afin de déterminer le futur mandat et la future configuration de la Mission, sur la base de consultations avec les nouvelles autorités », a-t-il précisé.

« Si la situation sécuritaire s'améliore, alors notre présence devrait s'orienter d'une présence militaire vers un rôle accru dans la formation de la police. On ne créé par une force de police en deux ans seulement. Nous avons appris à notre corps défendant à Haïti que cela peut prendre des années, voire une décennie », a-t-il ajouté sur les perspectives à long terme pour la présence de l'ONU dans le pays.

Interrogé sur le « plus grand défi à la tenue des élections », Hedi Annabi a estimé qu'il s'agissait « du sentiment d'insécurité créé par la situation à Cité Soleil », le plus vaste bidonville de la capitale haïtienne, Port-au-Prince, contrôlé par des gangs armés.

« J'ai été frappé, lors de ma visite, de voir combien cette question attire l'attention, à tel point que les gens oublient que la situation dans le reste du pays est calme et que Port-au-Prince lui-même est calme », a-t-il dit.

« Mais l'insécurité à Cité Soleil -notamment les kidnappings qui ont atteint des niveaux alarmants en décembre, même s'ils ont décru ce mois-ci -, a donné des arguments à ceux qui souhaitaient se préparer à remettre en cause le résultat des élections », a-t-il estimé.

« Tous les gangs sont maintenant concentrés dans ce quartier de 4km2 et il faudra y remédier. Mais nous sommes convaincus que MINUSTAH sera en mesure d'assurer un climat de sécurité », a ajouté le sous-secrétaire.

Interrogé sur l'absence de bureau de vote à Cité Soleil, il a confirmé que la dernière fois que la MINUSTAH avait essayé d'en installer un, son véhicule avait fait l'objet de tirs par balles. Les quatre bureaux pour ce quartier seront donc installés à proximité afin que les 60.000 personnes qui se sont inscrites sur les listes électorales puissent aller voter.

Il a par ailleurs précisé que dans tout le pays, les bureaux de vote se trouvaient au maximum à 5 kilomètres des centres de population, afin de leur permettre d'y aller à pied.

 

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