L'actualité mondiale Un regard humain

Iran : une "phase critique" mais pas une "situation de crise", selon Mohammed ElBaradei

Iran : une "phase critique" mais pas une "situation de crise", selon Mohammed ElBaradei

Mohamed ElBaradei, directeur de l'AIEA
A l'issue de la réunion extraordinaire du Conseil des gouverneurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) hier à Vienne, son directeur, Mohammed ElBaradei, a affirmé que les relations avec l'Iran avaient atteint « une phase critique », refusant pour l'instant de parler de « situation de crise ».

« Nous sommes parvenus à une phase critique mais nous ne sommes pas dans une situation de crise. Il s'agit de renforcer la confiance et il ne s'agit pas d'une menace imminente », a déclaré Mohammed ElBaradei, directeur général de l'AIEA, lors d'une conférence de presse donnée hier à Vienne, à l'issue de la première journée de la réunion extraordinaire du Conseil des gouverneurs sur le dossier nucléaire iranien.

« Que le Conseil des gouverneurs décide de transférer ou non le dossier au Conseil de sécurité, tout le monde est d'accord sur le fait que la seule façon de sortir de l'impasse est la diplomatie et la négociation. Il y a toujours une ouverture pour toutes les parties concernées », a affirmé Mohammed ElBaradei devant les journalistes.

« Tous les membres du Conseil des gouverneurs qui ont pris la parole sur cette question, y compris ceux qui soutiennent le transfert du dossier au Conseil de sécurité, ont fait clairement savoir qu'à ce stade, il ne sera pas demandé au Conseil de sécurité de prendre des mesures, certainement pas avant que je ne remette mon rapport, en mars », a indiqué le directeur de l'AIEA.

« Tous les membres déclarent qu'il s'agit simplement d'un processus diplomatique », a-t-il insisté.

« La résolution qui est actuellement soumise au Conseil des gouverneurs - parrainée par la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni – affirme que l'on devrait transférer cette question » du nucléaire iranien au Conseil de sécurité, informe-t-il. « Mais les parrains ont fait savoir clairement qu'il ne sera pas demandé au Conseil de sécurité de prendre des mesures avant au moins le mois de mars », a-t-il insisté.

Mohammed ElBaradei a aussi espéré qu'au cours du mois de février, « l'Iran continuerait à coopérer avec l'Agence pour clarifier les questions restées sans réponses ».

Dans un entretien à Newsweek publié le 12 janvier dernier, le directeur de l'AIEA jugeait possible que l'Iran dispose d'un programme nucléaire militaire secret.

« Depuis trois ans, nous effectuons des vérifications renforcées en Iran, et même après trois ans, je ne suis toujours pas en position de juger si le programme nucléaire iranien est de nature uniquement pacifique », expliquait-il.