Le Conseil de sécurité demande au Secrétaire général de préparer une force de l'ONU au Darfour

3 février 2006

Le Conseil de sécurité a demandé aujourd'hui au Secrétaire général, par la voie d'une déclaration présidentielle, d'établir « sans retard » un plan d'urgence présentant diverses options dans la perspective d'une transition de la mission de l'Union africaine au Darfour à une opération des Nations Unies.

Le Conseil de sécurité a demandé aujourd'hui au Secrétaire général, par la voie d'une déclaration présidentielle, d'établir « sans retard » un plan d'urgence présentant diverses options dans la perspective d'une transition de la mission de l'Union africaine au Darfour à une opération des Nations Unies.

« Ce plan devrait prévoir une approche intégrée et unifiée » et « une utilisation maximale des ressources existantes de la Mission de l'Union africaine au Darfour (MUAS) et de la Mission des Nations Unies au Soudan (UNMIS selon son acronyme anglais) sous réserve de l'accord des pays qui fournissent des contingents », a déclaré aujourd'hui au nom de ses 15 membres le président du Conseil de sécurité pour le mois de février, l'ambassadeur des Etats-Unis John Bolton, lors d'une séance consacrée à la situation au Soudan.

Le Conseil demande par ailleurs au Secrétaire général « une évaluation, à confirmer par le Conseil, des tâches clefs à réaliser dans le Sud-Soudan et au Darfour en vue d'affecter et de redéployer dans toute la mesure possible les hommes et les équipements en place ».

Enfin, les préparatifs devront conduire le Secrétaire général à envisager, dès que possible, un examen de la structure actuelle de l'UNMIS, « y compris en matière de commandement et de contrôle et de logistique, en vue d'y apporter les ajustements nécessaires pour utiliser au mieux les ressources disponibles lorsque l'Union africaine aura jugé possible et acceptable le passage à une mission des Nations Unies ».

« Le Conseil interviendra tout au long de ce processus », indique la déclaration.

En attendant, « le Conseil souligne combien il importe de continuer d'appuyer fermement la MUAS jusqu'à ce que la transition éventuelle soit menée à terme ».

Le 25 janvier dernier, le Secrétaire général avait estimé dans une tribune au « Washington Post » que « le passage d'une force de l'Union africaine à une opération des Nations Unies au Darfour » était « désormais inévitable », affirmant que « pour que la transition se déroule bien, le Conseil de sécurité » devait « rapidement prendre une décision ferme » (voir notre dépêche du 25 janvier 2006).

« Cela étant dit, il ne faudrait surtout pas s'imaginer qu'il suffira, pour régler la crise, de placer l'actuelle mission de l'Union africaine sous le drapeau de l'ONU », prévenait par ailleurs le Secrétaire général.

« La nouvelle opération devra avoir un mandat clair et vigoureux qui l'autorise à protéger ceux qui sont en danger, en recourant à la force si nécessaire, et disposer des moyens de le faire. Il faudra donc qu'elle soit plus étoffée, plus mobile et nettement mieux équipée que la MUAS », expliquait Kofi Anann.

En attendant, précisait le Secrétaire général, « la mission de l'Union africaine doit être maintenue et renforcée » car « il faudrait des mois à l'ONU pour déployer une telle opération ».

Sur le plan politique, le Conseil de sécurité a insisté à nouveau aujourd'hui sur « l'importance qu'il y a à conclure d'urgence les négociations d'Abuja » sur le Darfour, et lance un appel à toutes les parties afin qu'elles négocient de bonne foi pour parvenir dès que possible à un accord de paix.

« Il réaffirme, dans les termes les plus énergiques, la nécessité pour toutes les parties au Darfour de mettre fin à la violence et aux atrocités et exige de toutes les parties au conflit au Darfour qu'elles coopèrent pleinement avec la MUAS et s'acquittent de toutes les obligations qu'elles ont contractées », conclut le Conseil de sécurité.

Le 12 janvier 2006, le Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine avait annoncé sa décision d'appuyer, en principe, l'idée que la Mission de l'Union africaine au Soudan passe le relais à une opération des Nations Unies, et de prier le Président de la Commission de l'Union africaine d'engager des consultations avec l'ONU et d'autres parties prenantes sur la question.

Le 13 janvier dernier, le Représentant spécial avait plaidé devant le Conseil de sécurité pour le déploiement d'une force « beaucoup plus importante » dans la région, qui serait « en mesure de prévenir les attaques contre les civils et de désarmer les milices janjaouites », responsables des pires atrocités (voir notre dépêche du 13 janvier 2006).

« Notre stratégie de paix a échoué au Darfour », avait estimé Jan Pronk.

 

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