De meilleures récoltes ne résoudront pas tous les défis en Afrique australe, affirme le PAM

2 février 2006

Malgré l'annonce de meilleures récoltes en Afrique australe, le Programme alimentaire mondial (PAM) a averti aujourd'hui que les causes profondes de la crise qui touche cette région depuis quatre ans subsistent et devront être prises en considération.

« De meilleures récoltes ne réduiront pas le nombre de personnes souffrant du VIH/sida, ne donneront pas un accès à l'éducation, ou à l'eau potable aux orphelins et ne fourniront pas de vaccins contre les maladies infantiles », a déclaré aujourd'hui James Morris, l'Envoyé spécial du Secrétaire général pour l'Afrique Australe, en visite pour une durée de cinq jours dans la région.

« Je souhaiterais que les problèmes de cette région soient résolus facilement mais, en réalité, plusieurs millions de personnes devront faire face à des difficultés extrêmes même si les récoltes sont meilleures cette année », a averti James Morris, dans un communiqué du Programme alimentaire mondial (PAM) publié aujourd'hui.

« Alors que les récentes pluies pourraient donner lieu à une meilleure production agricole dans certains pays d'Afrique australe, les quantités de semences et d'engrais qui ont été distribuées ainsi que l'évolution du climat auront un impact considérable sur la situation de cette région au cours des prochains mois », a-t-il déclaré dans le communiqué.

Au-delà des récoltes, l'aide humanitaire et les donateurs devront se concentrer sur les problèmes plus larges de la région, a-t-il ajouté.

Au Swaziland, 56% des femmes enceintes âgées entre 25 et 29 ans sont séropositives. Au Mozambique, l'épidémie a empiré avec un taux de prévalence de la maladie passé de 14% en 2002 à 16% en 2004.

Le nombre d'enfants souffrant de malnutrition aigue a augmenté dans la plupart des pays, ce qui attire l'attention sur la nécessité d'une sécurité alimentaire accrue, précise le communiqué.

L'apparition d'épidémies de cholera au Malawi, au Mozambique, en Zambie et au Zimbabwe, prouve que l'Afrique australe manque toujours d'un accès à l'eau propre et de vaccins, en particulier chez les enfants, et souffre toujours d'une situation sanitaire précaire, ajoute le communiqué.

Par ailleurs, alors que 300.000 personnes bénéficient déjà de traitements anti-rétroviraux en Afrique australe, deux millions de personnes supplémentaires en ont désormais besoin, fait-il remarquer.

« L'accès universel à la prévention, aux traitements et aux soins pour les personnes atteintes du virus du VIH/sida est tout aussi critique que d'assurer assez de nourriture à la population et une éducation pour les enfants », a déclaré James Morris.

« La région manque également de professionnels formés pour superviser tous ces services cruciaux car nous ne devons pas oublier qu'une réponse humanitaire doit faire l'objet d'une approche intégrée pour susciter un impact durable », a fait remarquer l'Envoyé spécial.

James Morris a passé deux jours au Mozambique où il a visité plusieurs projets d'assistance humanitaire pour évaluer comment cette aide oeuvrait sur le terrain pour changer la situation.

Il a par ailleurs rencontré des jeunes dans un centre de soins de santé pour la jeunesse de Maputo, sponsorisé par l'ONU, qui offre des visites gratuites de dépistage, un éducation pour la prévention du VIH/sida et un accompagnement.

Il sera demain au Malawi où il rencontrera aussi des fonctionnaires du gouvernement, des agences de l'ONU et des organisations non gouvernementales (ONG).

« A chaque visite en Afrique australe, je suis réconforté par les progrès réalisés par les gouvernements, les Nations Unies et les ONG pour améliorer les vies des personnes les plus pauvres dans la région. Néanmoins, il reste encore beaucoup faire pour assurer que chaque personne et chaque enfant accèdent aux besoins et aux services de base », a conclu l'Envoyé spécial, pour qui c'était la sixième visite en Afrique australe depuis sa nomination en tant qu'Envoyé spécial pour l'Afrique australe en 2002, quelques mois après avoir été élu directeur exécutif du PAM.

 

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