Côte d'Ivoire : après le maintien du parlement, Kofi Annan met en garde contre toute "action unilatérale"

30 janvier 2006

Le Secrétaire général a exprimé sa « préoccupation », après la publication « inopinée » en Côte d'Ivoire d'un décret présidentiel qui proroge le mandat des députés, allant à l'encontre des recommandations du Groupe de travail international et des derniers entretiens avec le président du Nigeria et le Représentant spécial du Secrétaire général.

« Cette annonce ne lui parait pas en conformité avec les informations qu'il a reçues du président Obasanjo et de l'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire ( ONUCI ) sur les résultats de la visite du président du Nigeria à Abidjan », indique un message du Secrétaire général transmis hier par son porte-parole.

« Le Secrétaire géneral souligne la nécessité d'éviter toute action unilatérale. Il rappelle que les parties doivent respecter strictement toutes les dispositions de la résolution du Conseil de sécurité 1633, et il souligne l'importance des décisions de l'Union Africaine », indique le message.

Dans son message, Kofi Annan indique son intention de rester en contact avec les parties concernées, en vue de parvenir à la mise en œuvre de la résolution 1633, ainsi que des décisions du Groupe de travail international (GTI).

« La relance du processus de paix exige la coopération de toutes les parties entre elles et avec le Représentant spécial du Secrétaire général », conclut le message.

Selon les informations parues dans la presse, le président ivoirien a décidé, vendredi dernier dans un décret présidentiel, de maintenir l'Assemblée nationale « en fonction avec tous ses pouvoirs », alors que le mandat des députés étaient arrivé à expiration le 16 décembre dernier et que le GTI avait recommandé une dissolution.

De violentes manifestations, organisées par les « Jeunes patriotes », partisans du président Gbagbo, avaient éclaté, le 16 janvier dernier, après que le GTI, mis en place par l'Union africaine et le Conseil de sécurité dans la résolution 1633, avait « recommandé » de ne pas prolonger le mandat des députés (voir notre dépêche du 16 janvier 2006).

Interrogé sur la « recommandation » du GTI, le 26 décembre dernier à New York, le Représentant spécial du Secrétaire général, Pierre Schori, avait rappelé que la « dissolution » du parlement ivoirien était automatique, en vertu de la Constitution.

« Le président Obasanjo, le président Gbagbo et moi-même avions élaboré un projet de déclaration selon laquelle les parlementaires pourraient garder un rôle consultatif visant à promouvoir la paix », avait-il ajouté ( voir notre dépêche du 26 janvier 2006).

Par sa résolution 1633 adoptée le 21 octobre dernier à l'unanimité, le Conseil de sécurité entérinait la décision de l'Union africaine selon laquelle le président de la Côte d'Ivoire, Laurent Gbagbo, demeurerait chef de l'État à partir du 31 octobre 2005, face à l'impossibilité d'organiser des élections présidentielles à la date prévue, le 30 octobre 2005, aux côtés d'un Premier ministre « acceptable pour tous ».

Le Conseil de sécurité entérinait également le principe de la création d'un GTI chargé d'élaborer « une feuille de route en consultation avec toutes les parties ivoiriennes, en vue de tenir des élections libres, régulières, ouvertes et transparentes dès que possible et au plus tard le 31 octobre 2006 ».

Le GTI est également chargé de rendre compte de tout obstacle que le Premier ministre pourrait rencontrer dans l'exercice de ses fonctions et d'identifier les responsables.

Charles Konan Banny, gouverneur de la Banque centrale des Etats de l'Afrique de l'ouest (BCEAO), avait été désigné Premier ministre de la Côte d'Ivoire, le 8 décembre dernier (voir notre dépêche du 9 décembre 2005).

 

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