Aucune amélioration de la situation des droits de l'homme au Soudan, selon un rapport du HCDH

27 janvier 2006

Un an après la signature de l'Accord de paix global entre le gouvernement soudanais et les rebelles sudistes qui devait garantir les libertés fondamentales, la situation des droits de l'homme ne s'est pas améliorée au Soudan, a dénoncé le Haut Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme (HCDH) dans un rapport publié aujourd'hui.

« Les efforts destinés à améliorer la situation des droits de l'homme au Soudan restent éloignés des engagements pris, à la suite de la signature, il y a un an, de l'accord de paix », a estimé aujourd'hui le HCDH, dans un communiqué publié à Genève, à l'occasion de la parution d'un rapport sur l'évolution de la situation des droits de l'homme au cours des six derniers mois.

« Les efforts destinés à améliorer la situation sur le terrain restent éloignés des espoirs soulevés. Même si certaines réformes requièrent encore du temps pour être appliquées et pourront apporter des changements positifs dans un futur proche, d'autres initiatives n'ont été que superficiellement mises en oeuvre et de manière inadéquate », déplore le HCDH.

« Ceci est particulièrement vrai au Darfour, souligne le Haut Commissariat, où l'Accord de paix global, la constitution intérimaire et d'autres mesures politiques positives ont été ombragées par un système judiciaire inefficace, un conflit qui se poursuit et les nombreuses violations des droits l'homme ».

« A Khartoum, les allégations de torture par la Sécurité nationale, les Services de renseignement militaires les fonctionnaires de police ont été rapportés », accuse encore le rapport.

« L'absence de garanties de procès justes aussi bien que les conditions de détention inhumaines sont source de graves préoccupations », ajoute le communiqué.

Les conclusions du rapport sont basées sur des enquêtes menées sur le terrain et des informations collectées auprès des victimes, des témoins et des autorités gouvernementales.

Le rapport contient des recommandations pour « aider le gouvernement du Soudan à mettre fin à la culture de l'impunité qui règne dans le pays » et notamment à « mettre en place un système judiciaire à la fois suffisamment financé et véritablement réformé ».

Le HCDH appelle aussi le gouvernement soudanais « à cesser les attaques contre les civils » dans la région du Darfour et « à désarmer les milices » janjaouites qui commettent les pires atrocités.

Dans une tribune publiée mercredi dans le « Washington Post », le Secrétaire général affirmait que la dégradation de la situation au Darfour est telle que le passage d'une force de l'Union africaine à une opération des Nations Unies est désormais inévitable.

Kofi Annan appelait le Conseil de sécurité, jugé « sur la sellette », à « rapidement prendre une décision ferme » (voir notre dépêchedu 25 janvier 2006).

Notre stratégie de paix a échoué au Darfour », avait affirmé, le 13 janvier dernier, le représentant spécial du Secrétaire général pour le Soudan, Jan Pronk.

Devant le Conseil de sécurité, Jan Pronk plaidait aussi pour le déploiement d'une force « beaucoup plus importante » dans la région du Darfour, qui serait « en mesure de prévenir les attaques contre les civils et de désarmer les milices janjaouites » (voir notre dépêche du 13 janvier 2006

L'Accord de paix global, qui mettait fin à 21 de guerre civile entre le gouvernement et la rébellion sudiste, avait été signé le 9 janvier 20005 à Nairobi. La guerre civile a fait au total 1,5 millions de morts.

 

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