Le règlement des crises en Afrique, "objectif commun" de l'UA et de l'ONU, affirme Kofi Annan

23 janvier 2006

Dans un message adressé aux dirigeants réunis pour le sommet de l'Union africaine (UA) qui se déroule à Khartoum au Soudan, le Secrétaire général a rappelé aujourd'hui que le règlement des crises du continent africain resterait un objectif commun de l'ONU et de l'UA.

« Je me félicite que le sommet ait choisi pour thème 'l'éducation et la culture' car (…) pour que la paix s'installe durablement et que le développement puisse s'inscrire dans le long terme, il faut investir massivement non seulement dans les infrastructures (…) mais aussi dans les ressources humaines », a déclaré aujourd'hui le Secrétaire général dans un message adressé au sommet de l'UA à Khartoum, prononcé en son nom par son Conseiller spécial pour l'Afrique, Mohamed Sahnoun.

« L'éducation est un droit fondamental et un puissant outil de promotion du progrès social, du bien-être économique et de la stabilité politique », a souligné Kofi Annan, qui a exprimé l'espoir que le sommet parvienne à adopter un nouveau programme global de développement éducatif et culturel pour l'Afrique.

Le Secrétaire général a par ailleurs rappelé que « si le développement des possibilités éducatives, culturelles et scientifiques en Afrique était un facteur de sécurité, il était lui-même fortement conditionné par la sécurité ».

« Des populations qui ne peuvent satisfaire leurs besoins élémentaires, doivent abandonner leurs terres face à la sécheresse ou sont victimes de conflits armés n'ont guère la possibilité de se consacrer à l'éducation et à la culture, si tant est que cette possibilité existe », a-t-il ajouté.

Passant en revue les nombreux changements politiques intervenus cette année, le Secrétaire général a rappelé que si l'Afrique connaissait toujours des conflits destructeurs, ceux-ci étaient désormais moins nombreux.

« Pour nombre d'entre eux, 2005 a été une année charnière. Au Burundi, l'achèvement pacifique et démocratique du processus de transition a représenté un moment clef pour ce pays et peut-être pour l'avenir de l'ensemble de la région des Grands Lacs », a-t-il précisé.

« 2005 a également été marquée par la signature de l'Accord global de paix pour le Soudan, un référendum constitutionnel en République démocratique du Congo et le rétablissement de l'ordre constitutionnel en Guinée-Bissau. La paix s'est renforcée en Sierra-Leone, la Tanzanie a connu un changement pacifique de dirigeant, en Somalie le processus de réconciliation nationale a quelque peu progressé, et la démocratie comme la croissance économique se sont renforcées en Afrique du Sud, au Botswana, au Cap-Vert et à Maurice. Au Libéria, enfin, une élection historique a porté pour la première fois une femme à la présidence d'un État africain », a poursuivi Kofi Annan.

« L'année 2006 s'ouvre sur des défis considérables », a-t-il par ailleurs prévenu, mentionnant la situation entre l'Éthiopie et l'Érythrée, « qui reste extrêmement préoccupante », le conflit dans le nord de l'Ouganda « qui a provoqué l'une des plus graves tragédies humanitaires de la planète et les violences de ces derniers jours en Côte d'Ivoire.

« Une fois encore, nous sommes reconnaissants au Président Obasanjo d'être intervenu pour réunir les parties et remettre le processus de paix en route. Nous pouvons cependant nous attendre à de nouveaux problèmes. L'application intégrale de la feuille de route et l'organisation d'élections libres et justes en octobre 2006 nécessiteront par conséquent le soutien énergique de la communauté internationale, et en premier lieu de l'Union africaine et de l'Organisation des Nations Unies », a souligné le Secrétaire général à propos de la Côte d' Ivoire.

Enfin, sur la question du Soudan, Kofi Annan a rappelé que l'Accord [global de paix] de Naivasha doit profiter à tous les Soudanais.

« Surtout, il faut mettre fin aux meurtres et aux viols et empêcher toute nouvelle détérioration de la situation. Suite aux engagements pris par le Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine au début du mois, l'ONU continuera de travailler en étroite liaison avec l'Union africaine pour améliorer la sécurité, assurer l'accès pour les organismes humanitaires et donner un nouvel élan au processus de paix », a-t-il conclu.

 

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