Côte d'Ivoire : le Conseil de sécurité menace d'imposer des sanctions individuelles

19 janvier 2006

Dans une déclaration présidentielle adoptée aujourd'hui, le Conseil de sécurité a menacé d'imposer des sanctions aux personnes qui font obstacle à l'action de la force des Nations Unies dans le pays, des forces françaises, du représentant pour les élections et du Groupe de travail international (GTI).

« Le Conseil de sécurité condamne avec la plus grande fermeté les récentes attaques violentes, à l'encontre de l'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire (ONUCI), (...) perpétrées par des miliciens et d'autres groupes associés aux 'Jeunes Patriotes' », a déclaré aujourd'hui son président pour le mois de janvier, Augustine Mahiga de la République-Unie de Tanzanie.

image• Retransmission de la declaration présidentielle [7mins]

Le Conseil s'est déclaré par ailleurs « très gravement préoccupé par les manifestations de rue, violentes et orchestrées, conduites par les 'Jeunes Patriotes', principalement à Abidjan et dans plusieurs villes de l'ouest du pays ».

« Le Conseil de sécurité considère ces incidents particulièrement graves et totalement inacceptables comme faisant peser un risque sérieux sur la bonne marche du processus de réconciliation nationale défini par la résolution 1633 (2005), et comme contraires à cette résolution », a ajouté le président.

Il a exigé « la cessation immédiate de ces violences et de toutes les incitations à la haine prononcées dans les médias, en particulier les attaques à l'encontre des Nations Unies ».

Le Conseil a appelé toutes les parties ivoiriennes à « coopérer avec le Premier ministre, le GTI, le Groupe de Médiation, le Représentant spécial du Secrétaire général et le Haut Représentant pour les élections pour mettre en oeuvre la feuille de route ».

Il a souligné que « des sanctions ciblées seront imposées contre les personnes, désignées par le Comité établi par l'article 14 de la résolution 1572 (2004), qui font, entre autres choses, obstacle à la mise en oeuvre du processus de paix, y compris en attaquant ou en faisant obstacle à l'action de l'ONUCI, des forces françaises, du Haut Représentant pour les élections ou du GTI, ou qui incitent publiquement à la haine et à la violence ».

Après avoir condamné mardi « la violence orchestrée et dirigée contre les Nations Unies » en Côte d'Ivoire, le Secrétaire général a réitéré aujourd'hui son appel à la cessation des attaques et appelé les « Jeunes patriotes », fidèles du président ivoirien, à « rentrer chez eux » (voir notre dépêche du 19 janvier 2006 et celle 17 janvier 2006).

Les manifestations contre la proposition du GTI de dissoudre l'Assemblée nationale ivoirienne ont démarré lundi dernier à Abidjan (voir notre dépêche du 16 janvier 2006).

Le GTI, chargé de superviser le plan de paix des Nations Unies, avait recommandé ce week-end de ne pas prolonger le mandat des députés ivoiriens, venu à expiration le 16 décembre dernier.

Dans sa résolution 1633, adoptée le 21 octobre dernier, le Conseil de sécurité entérinait le principe de la création d'un GIT chargé d'élaborer « une feuille de route en consultation avec toutes les parties ivoiriennes, en vue de tenir des élections libres, régulières, ouvertes et transparentes dès que possible et au plus tard le 31 octobre 2006 ».

Dans sa résolution 1643, adoptée le 15 décembre dernier, le Conseil de sécurité prorogeait, pour une durée d'un an, le dispositif de sanctions, établi dans la résolution 1572, à l'égard des individus qui entraveraient le processus de paix en Côte d'Ivoire, qui inciteraient publiquement à la haine et à la violence et qui seraient responsables de violations des droits de l'homme (voir notre dépêche du 15 décembre 2005).

La résolution 1572, adoptée le 15 novembre 2004, créait un Comité des sanctions, chargé de désigner les personnes qui font peser une menace sur le processus de paix et qui entravent notamment l'application des Accords de Linas-Marcoussis et d'Accra III.

Ces personnes pourraient faire l'objet de sanctions individuelles - interdiction de voyager, et gel des avoirs.

 

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