Côte d'Ivoire : Kofi Annan appelle les "Jeunes patriotes" à rentrer chez eux

19 janvier 2006

Après avoir condamné mardi « la violence orchestrée et dirigée contre les Nations Unies » en Côte d'Ivoire, le Secrétaire général a réitéré aujourd'hui son appel à la cessation des attaques et appelé les « Jeunes patriotes », fidèles du président ivoirien, à « rentrer chez eux ».

« Les Jeunes patriotes doivent rentrer chez eux. Ils ne peuvent pas continuer à attaquer des troupes onusiennes. La police et l'armée doivent pourvoir intervenir pour calmer la situation », a déclaré aujourd'hui le Secrétaire général, lors d'une rencontre avec la presse, à l'issue d'une réunion à huis clos avec les membres du Conseil de sécurité sur la situation en Côte d'Ivoire.

image• Retransmission de la rencontre avec la presse [19mn]

Faisant savoir que les membres du Conseil de sécurité avaient discuté, au cours de leurs consultations, de l'application de sanctions individuelles, Kofi Annan a rappelé qu'il était favorable à des sanctions.

« J'ai toujours dit que le moment venu, il faut agir », a affirmé le Secrétaire général aux journalistes. « Mais c'est aux membres du Conseil de sécurité de décider quel genre de sanctions, quand et contre qui », a-t-il ajouté.

A la question de savoir s'il faisait toujours « confiance » au président Gbagbo, Kofi Annan a répondu qu'« il n'avait pas d'autre choix que de continuer à travailler avec lui ».

« J'ai demandé au président Gbagbo de faire tout ce qu'il pouvait pour calmer le jeu », a-t-il encore dit. « Le président m'a dit qu'il avait donné des ordres et que d'ici demain les choses devaient se calmer », a-t-il précisé.

Répondant à une question sur un éventuel retrait des troupes en Côte d'Ivoire, le Secrétaire général a estimé que « la situation s'empirerait, si on retirait les troupes des Nations Unies ».

« Il faut se rappeler que cela n'est pas la première opération où les casques bleus sont confrontés à des problèmes », a-t-il souligné, faisant comprendre que chaque fois que les Nations Unies s'étaient retirées la situation avait empiré. « Il faut donc faire tout ce qu'on peut pour calmer la situation et pour mettre en œuvre la feuille de route », a-t-il insisté.

De son côté, l'Opération des Nations Unies dans le pays (ONUCI) a fait savoir que la situation sur le terrain restait tendue, a rapporté aujourd'hui le porte-parole du Secrétaire général, lors de son point de presse quotidien, au siège de l'ONU à New York.

Le porte-parole a aussi indiqué que Pierre Schori, le représentant du Secrétaire général pour la Côte d'Ivoire, avait eu une réunion avec les agences humanitaires des Nations Unies sur le terrain pour évaluer l'impact des violences sur leur travail et leur sécurité.

Pierre Schori examine également comment mettre en œuvre le communiqué publié la nuit dernière, dans lequel l'actuel président de l'Union africaine, Olusegun Obasanjo, le président et le Premier ministre ivoiriens appellent à la fin des manifestations et exhortent les Ivoiriens à retourner chez eux.

Olusegun Obasanjo s'est rendu hier en Côte d'Ivoire, où il a rencontré le président Gbagbo, son Premier ministre, le président du parlement et Pierre Schori (voir notre dépêche du 18 janvier 2006).

Face aux attaques des bâtiments de l'ONU à Abidjan et dans deux autres villes de la Côte d'Ivoire, le Secrétaire général avait condamné, le 17 janvier dernier, « la violence orchestrée et dirigée contre les Nations Unies » et demandé « la cessation immédiate de ces attaques qui enfreignent la loi ivoirienne » (voir notre dépêche du 17 janvier 2006).

Les manifestations contre la proposition du Groupe de travail international (GTI) de dissoudre l'Assemblée nationale ivoirienne ont démarré lundi dernier à Abidjan (voir notre dépêche du 16 janvier 2006).

 

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