Côte d'Ivoire : Kofi Annan condamne "la violence orchestrée" contre les Nations Unies

17 janvier 2006

Alors que les bâtiments de l'ONU ont été attaqués à Abidjan et dans deux autres villes de la Côte d'Ivoire, le Secrétaire général a condamné aujourd'hui « la violence orchestrée et dirigée contre les Nations Unies » et demandé « la cessation immédiate de ces attaques qui enfreignent la loi ivoirienne ».

« Le Secrétaire général exprime sa profonde préoccupation face aux troubles qui se poursuivent en Côte d'Ivoire, particulièrement à Abidjan, Daloa, San Pedro et Guiglo ainsi que dans d'autres parties du pays », indique un message transmis aujourd'hui par son porte-parole.

« Il condamne la violence orchestrée et dirigée contre les Nations Unies et la population ainsi que la passivité de certaines autorités nationales face à cette situation », précise le message.

« Le Secrétaire général demande la cessation immédiate de ces attaques qui enfreignent la loi ivoirienne et mettent sérieusement en péril le processus de paix tel qu'établi par l'Union africaine et le Conseil de sécurité », ajoute le message.

Il rappelle à tous les dirigeants ivoiriens « qu'ils sont individuellement responsables des actes de violence commis par leurs partisans et de la bonne marche du processus de paix ».

Il appelle toutes les parties ivoiriennes à « coopérer pleinement avec le Premier ministre, le chef de la mission des Nations Unies et la communauté internationale pour mettre en œuvre la feuille de route et mettre un terme à cette crise ».

L'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire (ONUCI) a rapporté aujourd'hui que les manifestations se poursuivaient devant ses bâtiments à Abidjan ainsi que dans la ville de San Pedro et dans celle de Daloa.

La mission a fait savoir que ses bureaux avaient été attaqués à la bombe incendiaire à San Pedro, dans l'ouest du pays.

Des barrages routiers, érigés dans la capitale, ont empêché le personnel des Nations Unies d'aller travailler, a ajouté la mission.

Pierre Schori, représentant du Secrétaire général en Côte d'Ivoire, a rencontré aujourd'hui le président Laurent Gbagbo, a indiqué par ailleurs le porte-parole, lors de son point de presse quotidien.

Le représentant doit se rendre dans le courant de la semaine au siège de l'ONU à New York pour discuter des derniers développement, a-t-il précisé.

Les manifestations contre la proposition du Groupe international de travail (GIT) de dissoudre l'Assemblée nationale ivoirienne ont démarré hier à Abidjan (voir notre dépêche du 16 janvier 2006).

Le GIT, chargé de superviser le plan de paix des Nations Unies, avait recommandé ce week-end de ne pas prolonger le mandat des députés ivoiriens, venu à expiration le 16 décembre dernier.

Il est composé principalement de représentants de pays africains, de la France, de la Royaume-Uni ainsi que de représentants d'organisations internationales - Nations Unies, Union africaine (UA), la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), Union européenne, Organisation internationale de la francophonie, Banque mondiale et Fonds monétaire international (FMI).

Dans sa résolution 1633, adoptée le 21 octobre dernier, le Conseil de sécurité entérinait le principe de la création d'un GIT chargé d'élaborer « une feuille de route en consultation avec toutes les parties ivoiriennes, en vue de tenir des élections libres, régulières, ouvertes et transparentes dès que possible et au plus tard le 31 octobre 2006 ».

Dans cette même résolution, le Conseil de sécurité entérinait également la décision de l'UA selon laquelle le président Laurent Gbagbo demeurerait chef de l'État à partir du 31 octobre 2005, face à l'impossibilité d'organiser des élections présidentielles à la date prévue le 30 octobre, aux côtés d'un Premier ministre « acceptable pour tous » (voir notre dépêche du 21 octobre 2005 et notre dépêche du 14 octobre 2005).

Le 15 décembre dernier, le Conseil de sécurité prorogeait, pour une durée d'un an, le dispositif de sanctions, établi dans la résolution 1572, à l'égard des individus qui entraveraient le processus de paix en Côte d'Ivoire, qui inciteraient publiquement à la haine et à la violence et qui seraient responsables de violations des droits de l'homme (voir notre dépêche du 15 décembre 2005).

La résolution 1572, adopté le 15 novembre 2004, créait un Comité des sanctions, chargé de désigner les personnes qui font peser une menace sur le processus de paix et qui entravent notamment l'application des Accords de Linas-Marcoussis et d'Accra III.

Ces personnes pourraient faire l'objet de sanctions individuelles - interdiction de voyager, et gel des avoirs.

 

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