République centrafricaine : lents progrès malgré les violations flagrantes des droits fondamentaux

9 janvier 2006

Une lente amélioration s'est faite sentir en République centrafricaine depuis le retour à la légalité constitutionnelle, selon un récent rapport du Secrétaire général, qui souligne les violations encore « fréquentes et flagrantes » des droits fondamentaux.

« La situation générale des droits de l'homme s'améliore lentement depuis le retour à la légalité constitutionnelle en République centrafricaine. Toutefois, ces droits sont encore fréquemment violés de manière flagrante » indique le Secrétaire général dans son dernier rapport au Conseil de sécurité sur la situation en République centrafricaine et sur les activités du bureau des Nations Unies pour la consolidation de la paix en République centrafricaine (BONUCA).

Le Secrétaire générale y déplore les conditions de détention dans les prisons, qui sont « de plus en plus précaires et ne répondent pas aux normes minima reconnues par les instruments internationaux de protection des droits de l'homme ratifiés par la République centrafricaine ».

Il a aussi fustigé les « délits de presse ou violations envers les organes de diffusion ou de régulation des médias » commis en dépit des dispositions réglementaires existantes en matière de dépénalisation de la presse.

« L'arrestation récente d'un député et du Président du Haut Conseil de la communication, ou encore les exactions des forces de défense et sécurité sur les populations civiles, ont été portées à la connaissance de la section des droits de l'homme du BONUCA » précise par ailleurs le rapport.

Sur le plan politique, le Secrétaire général félicite par ailleurs le peuple centrafricain « pour sa patience et la maturité politique dont il a fait montre en cette période postélectorale décisive pour la stabilité de la République centrafricaine ».

« Le retour à la légalité constitutionnelle est l'occasion de renforcer l'état de droit par la consolidation des nouvelles institutions et la remise en état des infrastructures de base, d'assainir durablement la situation financière difficile du pays, d'améliorer la gouvernance et de garantir le respect des droits humains et la sécurité du territoire » poursuit-il.

Le rapport reconnaît aussi l'immensité de la tâche à accomplir laquelle, selon le Secrétaire général « n'est pas à la portée de la République centrafricaine toute seule, qui demeure convalescente du fait des crises politico-militaires et des tensions sociales qu'elle a connues récemment encore ».

« Je me réjouis à cet égard des discussions en cours avec les institutions financières internationales, en particulier les institutions de Bretton Woods » indique Kofi Annan dans son rapport.

« Je les invite à faire preuve de flexibilité, pour continuer d'apporter au Gouvernement leur appui technique et financier, en vue de la reconstruction et du relèvement de la République centrafricaine, dont l'exploitation du potentiel en ressources naturelles ne peut être envisagé pour l'instant » ajoute-t-il.

Le Secrétaire général a également pris soin de préciser que « ce n'est pas seulement la situation interne spécifique du pays qui requiert cette assistance multiforme mais également les développements militaires et humanitaires inquiétants observés dans certains pays voisins qui risquent, en cas d'escalade, de déstabiliser la République centrafricaine en raison de sa position géographique en Afrique centrale ».

Quant au BONUCA « son action se fera en coopération avec les autorités centrafricaines dans le cadre du Comité des partenaires extérieurs chargé du suivi de la situation politique, sécuritaire, des droits de l'homme et de la démocratie, et du groupe de concertation auquel échoit le suivi des questions économiques, humanitaires et de reconstruction nationale », conclut le rapport.

 

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