Le coût de la réduction de la pauvreté tout à fait abordable, selon Jeffrey Sachs

9 janvier 2006

« Des milliards de personnes supplémentaires pourraient profiter des fruits de l'économie mondiale et des dizaines de millions de vies pourraient être épargnées si les donateurs remplissaient leurs engagements et contributions, a affirmé aujourd'hui l'économiste américain et Envoyé de l'ONU Jeffrey Sachs.

« Alors que l'année 2005 fut l'année des promesses, l'année 2006 devrait représenter l'année des actions réelles pour les dirigeants mondiaux », a déclaré aujourd'hui Jeffrey Sachs, Conseiller spécial du Secrétaire général et Directeur du Projet du Millénaire lors d'une conférence au Kenya inaugurant une visite dans six pays d'Afrique, indique un communiqué du bureau d'information des Nations Unies publié aujourd'hui à Nairobi.

Le Projet du Millénaire propose un plan pratique pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) dans un rapport publié le 14 janvier 2005 et intitulé « Investir dans le développement ».

Jeffrey Sachs a souligné que des solutions pratiques existent, insistant sur le fait que le coût de la réduction de la pauvreté extrême est « tout à fait abordable ».

Toutefois, s'agissant de l'aide occidentale aux pays africains, il a expliqué que de nombreux citoyens américains surestiment de 30 à 50 fois le montant de l'aide aux pays pauvres dépensée par le gouvernement américain.

« Sur les quelque 4 milliards de dollars dépensés par les Etats-Unis pour Afrique, pour 100 dollars, moins d'un centime parvient effectivement aux Africains » a-t-il ajouté.

En juin dernier, lors d'une conférence de presse à l'ONU, Jeffrey Sachs avait estimé que les Etats-Unis ne donnaient pas assez pour aider l'Afrique et du coup d'être «complices» de la mort de millions de personnes sur le continent africain. Il rappelait que les Etats-Unis consacrent seulement 0,16% de leur PIB à l'aide publique au développement, soit à peine plus que l'Italie qui contribue à hauteur de 0,15% (voir notre dépêche du 13 juin 2005).

Actuellement en visite dans 6 pays africains - incluant le Kenya, le Malawi, le Ghana, le Nigeria, le Mali et le Sénégal - Jeffrey Sachs a également fait mention de l'actuelle sécheresse qui sévit en Afrique de l'Est, expliquant que « bien qu'elle ait peut-être été causée par de mauvaises récoltes et éventuellement par les changements climatiques mondiaux », le Kenya et d'autres pays dans la même situation manquent de moyens suffisants pour investir dans des techniques agricoles de base telles que l'utilisation d'engrais chimiques.

« Le fait que ces pays soient affligés par des maladies comme le VIH/sida et la malaria rend leur défi plus difficile », a-t-il souligné.

Jeffrey Sachs a aussi promis qu'en 2006 le projet du Millénaire se centrerait davantage sur la production alimentaire pour pallier aux situations semblables à la sécheresse qui sévit au Kenya et sur des investissements en gestion de l'eau, soins de santé, et autres besoins en infrastructure de base.

 

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