Ethiopie/Erythrée : situation de plus en plus "intenable", affirme un rapport de l'ONU

6 janvier 2006

Alors que dans son dernier rapport au Conseil de sécurité le Secrétaire général estime que la situation de la Mission des Nations en Éthiopie et en Érythrée est de plus en plus « intenable », cette dernière a annoncé aujourd'hui que la situation militaire dans la zone provisoire de sécurité (TSZ) et les régions voisines demeure tendue et potentiellement explosive.

« Des mouvements de troupe ont été notés du coté éthiopien comme du coté érythréen. L'interdiction imposée par le gouvernement érythréen sur le survol du territoire par les hélicoptères de la Mission des Nations Unies en Éthiopie et en Érythrée (MINUEE) est maintenue ainsi que les restrictions sur la liberté de mouvement des casques bleus dans certains secteurs de la zone », a déclaré aujourd'hui le porte-parole du Secrétaire général, Stéphane Dujarric, lors de son point de presse quotidien, au siège de l'ONU, à New York.

Néanmoins, la MINUEE a effectué 760 patrouilles au sol au cours de la dernière semaine et les casques bleus continuent à fournir une aide médicale et des approvisionnements en eau à la population locale dans la zone provisoire de sécurité et les régions voisines, a précisé le porte-parole.

La MINUEE a ajouté que les autorités érythréennes n'ont pas répondu à la demande d'une évacuation médicale d'un soldat indien souffrant de brûlures sévères- ce qui constitue le septième cas d'évacuation de blessés par la route sur de longues distances à cause d'un manque d'infrastructure d'évacuation médicale aérienne.

Dans son dernier rapport sur l'Éthiopie et l'Érythrée au Conseil de sécurité rendu public aujourd'hui, le Secrétaire général affirme que suite aux restrictions imposées à la MINUEE, « la position de la mission devient de plus en plus intenable », et que « le temps est bientôt venu de prendre des décisions difficiles sur l'avenir de la mission ».

« Il est inquiétant de constater que, du fait des pressions et des restrictions, l'existence même de la MINUEE » est en cause, affirme le Secrétaire général.

« Si les deux parties ne s'engagent pas à coopérer pleinement, non seulement l'avenir de la MINUEE mais aussi la poursuite du processus de paix seront remis en question. L'heure est critique et toute erreur d'appréciation des parties risquerait de provoquer une escalade rapide, aux conséquences imprévisibles », prévient Kofi Annan.

Il est donc urgent d'en finir avec l'escalade et, à cette fin, d'appliquer la résolution 1640 (2005), insiste-t-il.

Par cette résolution, le Conseil de sécurité enjoignait l'Erythrée d'annuler sans plus tarder sa décision d'interdire les vols d'hélicoptère de la Mission des Nations Unies et appelait l'Ethiopie à accepter la délimitation de la frontière entre les deux pays (voir notre dépêche du 23 novembre 2005).

« J'ai constaté le redéploiement des forces armées éthiopiennes à son niveau du 16 décembre 2004 » (voir notre dépêche du 23 décembre 2005).

« À cet égard, je regrette vivement que les autorités érythréennes n'aient pas profité de la présence prolongée à Asmara du Secrétaire général adjoint, M. Guéhenno, pour débloquer la situation et faire progresser le processus de paix », a déploré le Secrétaire général (voir notre dépêche du 8 décembre 2005).

« Il est évident que les deux parties devraient, de bonne foi et sans formuler de condition préalable, reprendre le dialogue, élément indispensable à l'aboutissement du processus de paix. La communauté internationale doit tout faire pour rapprocher les parties et les amener à un dialogue constructif visant à normaliser leurs relations bilatérales », préconise le Secrétaire général.

Le rapport définit six options à l'attention du Conseil de sécurité, parmi lesquelles figurent le déplacement de la MINUEE, sa réduction à une mission de liaison et son retrait total.

Le porte-parole a rappelé que Jean-Marie Guéhenno, Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, présenterait lundi un exposé au Conseil de sécurité sur la question.

 

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