Darfour : "les civils payent un prix intolérablement élevé"

29 décembre 2005

L'aggravation de la situation au Darfour s'est accélérée depuis septembre, affirme le dernier rapport mensuel du Secrétaire général qui souligne une forte augmentation des acteurs du conflit et des escarmouches entre tribus, ainsi que la nouvelle menace que font peser des éléments déstabilisateurs en provenance du Tchad.

« Les civils continuent à payer un prix intolérablement élevé en raison des assauts récurrents des parties en conflit, de la reprise de la tactique de la « terre brûlée » par les milices et de l'action militaire massive du gouvernement » déplore le Secrétaire général dans son dernier rapport au Conseil de sécurité sur la situation au Darfour.

« Les attaques à grande échelle contre des civils continuent, les groupes armés poursuivent leur pratiques de viols contre les femmes et les jeunes filles, de plus en plus de villages sont brûlés, et des milliers de personnes sont forcées de quitter leur logement » indique le rapport.

Le Secrétaire général y fait par ailleurs état de l'urgence de la situation concernant les attentes des populations civiles.

« Nous approchons de la fin de l'année 2005, la deuxième année complète du conflit au Darfour, nous devons reconnaître que les besoins les plus pressants des millions de personnes touchées par la guerre resteront sans réponse, notamment en ce qui concerne leur protection et leur sécurité, » insiste-t-il.

Le Secrétaire général a de nouveau vivement invité le gouvernement soudanais à prendre des mesures décisives pour palier à ces échecs manifestes. « Toutes les atrocités commises au Darfour doivent être condamnées dans les plus bref délais » a-t-il ajouté.

Il a exhorté enfin à accroître par tous les moyens possible le soutien apporté à la mission de l'Union africaine (MUAS) et aux efforts de protection des populations dans toute la région.

Le Secrétaire général avait déjà condamné, dans son rapport du mois d'octobre, la montée du banditisme sur les principales routes du Darfour, empêchant le personnel humanitaire et les vivres d'atteindre certaines populations sinistrées (voir notre dépêche du 20 octobre 2005).

« La menace de l'anarchie totale se rapproche, en particulier au Darfour Ouest, où les seigneurs de guerre, les bandits et les milices se montrent de plus en plus agressifs » s'alarmait-t-il par ailleurs dans son rapport du mois de novembre (voir notre dépêche du 22 novembre 2005).

Début décembre, Luis Moreno Ocampo, Procureur de la Cour pénale internationale (CPI), avait exigé devant le Conseil de sécurité « la pleine et entière coopération » de tous les pays de l'Union africaine (UA) et une collaboration supplémentaire de la part du gouvernement du Soudan, dans son enquête sur les crimes commis au Darfour depuis le 1er juillet 2002 (voir notre dépêche du 13 décembre 2005).

Le 20 décembre dernier, Kofi Annan avait fermement condamné l'attaque vicieuse lancée le 19 décembre contre le village d'Abu Sarouj, dans l'Ouest du Darfour, qui aurait fait au moins vingt morts dont plusieurs femmes et enfants.

Le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) avait pour sa part rappelé, dans un rapport publié la veille que « chaque jour, plus de 3 millions d'enfants sont affectés par le conflit en cours au Darfour, où ils sont particulièrement vulnérables à la malnutrition, à la maladie et à la violence » (voir notre dépêche du 21 décembre 2005).

 

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