Tsunami : un an après, des progrès positifs

22 décembre 2005

Près d'un an après le tsunami, qui a tué en quelques minutes près de 220.000 personnes dans l'Océan indien, la communauté humanitaire a fait un bilan à l'ONU des efforts de reconstruction, qui devrait encore prendre entre 5 et 10 ans, mettant l'accent sur la nécessité de continuer d'attirer l'attention malgré la générosité déjà démontrée.

« Le tremblement de terre de 8 minutes qui a frappé il y a exactement un an a déclenché une vague terrifiante qui a tué près de 220.000 de personnes dans 12 pays de l'Océan indien », a rappelé aujourd'hui Eric Schwartz, Envoyé spécial adjoint pour le relèvement après le Tsunami, lors d'une conférence de presse qui s'est tenue aujourd'hui à New York pour marquer l'anniversaire de la catastrophe qui a déplacé deux millions de personnes et fait des milliers d'orphelins.

image• Retransmission de la conférence de presse[47mins]

« La générosité a été remarquable, avec 13,6 milliards de dollars de contributions annoncées ». « Pour l'Inde, l'Indonésie, les Maldives et le Sri Lanka, nous avons entre 10,5 milliards de promesses et 7,75 milliards déjà transférés ».

Les efforts réalisés cette année sont notables a-t-il dit. « Les maladies et les épidémies ont été prévenues, les écoles et les hôpitaux reconstruits et continuent de l'être, les gouvernements ont mis en place des systèmes de traçage des dépenses et un système d'alerte aux tsunamis a été mis en place ».

« Mais le plus dur reste à faire, devant l'étendue de la reconstruction à accomplir », a-t-il déclaré.

Décrivant les priorités de son bureau pour les années à venir, Eric Schwartz a indiqué que l'Envoyé spécial des Nations Unies pour le tsunami, l'ancien président américain Bill Clinton, continuerait à maintenir une pression sur les gouvernements pour qu'ils poursuivent leur assistance.

Il a aussi cité la promotion d'une meilleure intégration de l'assistance ; la mise en œuvre de mesures de prévention ; le suivi de la mise en œuvre effective des systèmes de traçage des dépenses ; une approche plus intégrée du développement des moyens de subsistance et enfin l'amélioration des conditions de vie pour les personnes déplacées, surtout à Aceh.

Margareta Wahlstrom, Coordonnatrice adjointe des secours d'urgence de l'ONU, a espéré que la générosité démontrée après le tsunami ouvre une tendance positive pour l'assistance humanitaire.

« La crise du tsunami a mis en lumière le défi posé par le nombre très élevé d'intervenants », a-t-elle affirmé, estimant qu'elle avait donné l'occasion de réfléchir sur la structure de l'assistance humanitaire dans le monde, surtout au regard des crises qui n'ont pas suscité la même attention que le tsunami.

« Nous avons réussi à maintenir l'attention sur les pays touchés par le tsunami pour un temps exceptionnellement long » mais il faudra continuer, a-t-elle ajouté.

Margareta Wahlstrom a aussi mentionné, parmi les enseignements tirés cette année, la signification centrale de la gestion de l'information, alors que désormais l'internet et les téléphones portables sont largement disponibles pour la majorité des victimes de catastrophes.

Interrogée sur la récente création du nouveau Fonds central d'urgence humanitaire, constitué de contributions volontaires, qui permettra pour la première fois d'intervenir immédiatement en cas de catastrophe, sans attendre les dons des pays (voir notre dépêche du 15 décembre 2005), Margareta Wahlstrom a indiqué que l'ONU espérait rassembler la moitié du budget prévu de 500 millions de dollars d'ici à la mi-janvier afin de le rendre déjà opérationnel.

« On aura toujours besoin de lancer des appels à contributions. Mais les Etats ne pourront plus se montrer hésitants à contribuer parce que les secours seront trop lents, parce qu'ils commenceront immédiatement grâce au Fonds », a-t-elle expliqué.

Pour sa part, Deepak Bhattasali, représentant de la Banque mondiale, a souligné qu'il était très important lors de crises similaires que la reconstruction commence aussi vite que possible.

« La présence de capacités administratives sur le terrain est capitale à cet égard. Il y a ainsi une très grande différence entre l'Inde et l'Indonésie, qui a vu ces capacités pratiquement disparaître à Aceh », a-t-il expliqué.

« La reconstruction peut prendre entre 5 et 10 ans. Entretemps, il faut accélérer le développement dans des régions déjà pauvres, réduire la vulnérabilité économique et restaurer les capacités administratives », a-t-il préconisé.

« A Aceh, dans les premières semaines, près d'un milliard de dollars a été dépensé pour les opérations de secours. Dans les six derniers mois, la même somme a été affectée à la reconstruction, et ce n'est que le début », a fait observer Deepak Bhattasali.

« En 2006, ce sont encore entre 2 et 3 milliards de dollars qui seront dépensés pour la reconstruction, de même qu'en 2007. 9 milliards sont prévus pour la reconstruction jusqu'en 2009 ».

L'expert de la Banque mondiale a qualifié les progrès accomplis de plutôt satisfaisants.

Johan Schaar, représentant spécial pour le tsunami de la Fédération internationale de la Croix-Rouge a, pour sa part souligné que la fourniture d'un abri aux personnes déplacées devait permettre de leur offrir des opportunités de travail et de reconstruire aussi leur vie. « A présent la priorité est d'améliorer les logements de transition à Aceh », a-t-il dit.

« Un grand nombre des décès aurait pu être évité, s'il y avait eu un système d'alerte, si les populations avaient été sensibilisées, et si la végétation côtière n'avait pas disparu, a-t-il souligné, rappelant que la prévention des catastrophes naturelles devait rester au centre de l'attention. Il a appelé à accroître l'investissement dans la prévention ».

Enfin, Gillian Dunn, représentante de l'unité de réponse rapide, a fait part des projets des organisations non gouvernementales (ONG) notamment à Aceh, qui ont permis, par des financements ponctuels, de permettre le relèvement de communautés de pêcheurs.

 

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