Reprise des pourparlers sur le Darfour : le Conseil réitère ses injonctions au gouvernement et aux forces rebelles

22 décembre 2005

Le Conseil de sécurité s'est félicité hier dans une déclaration présidentielle de l'ouverture, à Abuja (Nigéria), de la septième série des pourparlers de paix intersoudanais sur le Darfour, réitérant son appel à cesser immédiatement les affrontements et condamnant les attaques au Tchad. Le Conseil a aussi prorogé le mandat des experts chargés de suivre l'application des sanctions.

En adoptant à l'unanimité la résolution 1651 (2005), le Conseil de sécurité a décidé hier de proroger jusqu'au 29 mars 2006 le mandat du Groupe d'experts créé en application de la résolution 1591, qui est chargé de surveiller les sanctions sur les armes, les déplacements et les avoirs financiers imposées aux individus et entités non gouvernementales opérant dans la région du Darfour.

Par ailleurs, dans une déclaration présidentielle prononcée hier au nom de ses quinze membres, le président du Conseil de sécurité a salué « l'ouverture, à Abuja (Nigéria), de la septième série des pourparlers de paix intersoudanais sur le Darfour placés sous l'égide de l'Union africaine », et exprimé sa gratitude à l'Union africaine, à la communauté internationale et aux autres donateurs.

Le Conseil s'est dit « encouragé par la participation active de représentants de tous les groupes invités du Mouvement/Armée de libération du Soudan et du Mouvement pour la justice et l'égalité, ainsi que de membres du Mouvement populaire de libération du Soudan en tant que composante du Gouvernement d'unité nationale, et exhorte tous les participants à poursuivre leur coopération avec la Mission de l'Union africaine au Soudan (MUAS) et la Mission des Nations Unies au Soudan (UNMIS selon son acronyme anglais) ».

« Le Conseil demande à toutes les parties au conflit d'honorer leurs engagements de conclure un accord de paix juste et global sans plus tarder. Il exige de toutes les parties qu'elles renoncent à la violence et mettent fin aux atrocités sur le terrain, en particulier celles commises contre des civils, notamment les femmes et les enfants, les travailleurs humanitaires et les membres des forces internationales de maintien de la paix », indique aussi la Déclaration.

« Le Conseil rappelle les injonctions qu'il a lancées, dans ses récentes résolutions, au Gouvernement soudanais et aux forces rebelles, ainsi qu'à d'autres groupes armés, afin qu'ils tiennent pleinement leurs engagements ».

« Il exige, en particulier, que le Mouvement/Armée de libération du Soudan, le Mouvement pour la justice et l'égalité et le Gouvernement mettent immédiatement fin à la violence, se conforment à l'Accord de cessez-le-feu de N'Djamena, lèvent les obstacles au processus de paix et coopèrent pleinement avec la Mission de l'Union africaine, et que le Gouvernement désarme et contrôle les milices. Il exige également que les responsables de violations des droits de l'homme et du droit international humanitaire soient immédiatement traduits en justice ».

Le Conseil a par ailleurs rappelé « sa crainte que la persistance de la violence au Darfour n'ait des conséquences néfastes pour la région, en particulier pour la sécurité du Tchad ».

« C'est pourquoi il condamne avec fermeté les attaques récemment menées par des éléments armés à l'intérieur du Tchad, notamment l'attaque lancée le 19 décembre 2005 contre des positions de l'armée nationale tchadienne dans la ville d'Adré, et appuie les efforts visant à réduire les tensions à la frontière », indique la Déclaration (voir notre dépêche du 21 décembre 2005 sur le message du Secrétaire général).

Interrogé hier, lors de sa conférence de presse de fin d'année, sur la situation au Darfour, le Secrétaire général a estimé que « la seule façon d'avoir une stabilité à long terme au Darfour et au Soudan » serait de donner une nouvelle impulsion aux négociations en cours à Abuja (voir notre dépêche du 22 décembre 2005).

« Le gouvernement lui-même a fixé une date, la fin décembre, pour obtenir un accord sur le Darfour avec les rebelles. Mais au rythme actuel je ne pense pas que l'on va pouvoir respecter cette date », a-t-il affirmé.

« Ce qui est important, pourtant, c'est que la pression soit maintenue, tant sur le Gouvernement que sur les rebelles, pour qu'ils parviennent à un accord. La situation est très difficile et je pense que l'ONU devra agir de façon beaucoup plus active, en passant par le Conseil. Et l'année prochaine je pense qu'il sera nécessaire que le Conseil agisse et fasse quelque chose », a souligné Kofi Annan.

 

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