Kosovo : Martti Ahtisaari donne un premier aperçu des négociations sur le statut final

20 décembre 2005

L'Envoyé de l'ONU chargé de superviser les pourparlers sur le statut final du Kosovo, Martti Ahtisaari, a présenté aujourd'hui lors d'une conférence de presse à l'ONU les résultats de sa première visite dans la région où il engagé les minorités serbes à participer davantage et les autorités du Kosovo à renforcer la décentralisation de l'administration.

« Après avoir reçu mon mandat du Secrétaire général le 14 novembre, j'ai commencé mes consultations dans la région dans la semaine qui a suivi, avec une visite à Pristina puis à Belgrade », a rappelé aujourd'hui Martti Ahtisaari, ancien président de la Finlande et Envoyé spécial du Secrétaire général chargé de superviser les pourparlers sur le statut final du Kosovo (UNOSEK), lors d'une conférence de presse au siège de l'ONU à New York.

image• Retransmission de la conference de presse[31mins]

Accompagné de son adjoint, Albert Rohan, Martti Ahtisaari, s'était rendu à Pristina au Kosovo, à Belgrade en Serbie, au Monténégro, en Albanie et en Macédoine (voir notre dépêche du 28 novembre 2005).

Nous avons également eu des consultations constantes avec le Groupe de contact, qui comprend l'Allemagne, les Etats-Unis, la France, le Royaume-Uni, l'Italie, et la Fédération de Russie, a indiqué aujourd'hui Martti Ahtisaari, précisant que le cadre de ses travaux se trouvait aussi dans une lettre envoyée par le Conseil de sécurité.

« Nous souhaitions écouter les parties, y compris les représentants des minorités, des Serbes du Kosovo et d'autres », a déclaré Martti Ahtisaari qui s'est félicité du fait que les pays voisins ont décidé qu'ils seraient « actifs mais non pas acteurs ».

« Mon message aux Albanais du Kosovo a été d'accroître leurs efforts dans la réalisation des Normes pour le Kosovo », a-t-il dit, en référence à l'ensemble de normes imposées par l'ONU au Kosovo correspondant à un niveau minimum de développement économique et politique.

Une des tâches à accomplir dès janvier sera la protection des minorités non albanaises du Kosovo, ce qui requerra une réforme des règles d'administration locale. « J'espère que les parties discuteront de la décentralisation dès la fin du mois de janvier », a-t-il expliqué.

« Aux Serbes du Kosovo, j'ai envoyé le message qu'ils devraient participer aux négociations et prendre en main leur avenir avec les autres communautés non albanaises ». « Leur participation active est essentielle », a-t-il indiqué.

Il a rappelé que c'était la première fois qu'ils participaient en aussi grand nombre à une réunion organisée par l'ONU, et que Belgrade les avaient probablement encouragés, ce qui était un bon signe.

A Belgrade, j'ai affirmé « qu'il fallait être réaliste, et qu'il n'y aurait pas de retour en arrière », selon les principes qui guident mon mandat, a-t-il précisé, rappelant que le Kosovo devrait pouvoir profiter pleinement des occasions de développement.

Par exemple, a-t-il indiqué, le Kosovo dispose de réserves importantes de lignite, qui pourraient, avec d'importants investissements, constituer une source d'énergie pour lui comme pour la région.

« On ne peut s'attendre à ce que la communauté internationale finance perpétuellement le Kosovo », a insisté Martti Ahtisaari.

Ce dernier a par ailleurs apporté une réponse positive à la question, posée par un journaliste, de savoir si le Kosovo pourrait bénéficier d'un développement durable s'il accédait à l'indépendance. Dans cette hypothèse, le Kosovo voudra sans doute entrer dans l'Union européenne et cela prendra encore des années, a-t-il fait observer.

L'Envoyé spécial du Secrétaire général a indiqué attendre un document exposant la position des Albanais comme des Serbes dès le mois de janvier.

Interrogé sur une évolution des positions affirmées par la Serbie, qui ne souhaite pas octroyer plus que l'autonomie, et par le gouvernement du Kosovo, qui exige l'indépendance, Martti Ahtisaari a indiqué que la Serbie avait déjà indiqué que le Kosovo pourrait joindre certaines organisations internationales, ce qui pourrait poser un problème juridique, mais représente un progrès.

Quant au calendrier des négociations, Martti Ahtisaari a espéré qu'un an suffirait pour mener à bien ses efforts.

« Après toute la haine qui s'est accumulée, on ne peut pas s'attendre à ce que les parties se tombent tout d'un coup dans les bras. Si elles peuvent apprendre à se tolérer, ce sera déjà un bon début », a affirmé Martti Ahtisaari.

Ce dernier a enfin dit qu'il avait créé à Vienne un Bureau pour l'Envoyé spécial du Secrétaire général chargé de superviser les pourparlers sur le statut final du Kosovo, qui sera connu sous l'acronyme UNOSEK, pour l'anglais.

Le Kosovo, province du sud de la Serbie, est sous administration des Nations Unies depuis la création de la Mission d'administration intérimaire des Nations Unies au Kosovo (MINUK) par la résolution 1244 du Conseil de sécurité du 10 juin 1999, avec pour mission de mettre en place une administration civile intérimaire dans cette région ravagée par la guerre.

 

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