Darfour : Jan Egeland appelle le Conseil de sécurité à faire preuve de détermination pour résoudre la crise

19 décembre 2005

Dressant un tableau de la situation humanitaire en Afrique, le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires a appelé aujourd'hui le Conseil de sécurité à faire preuve de détermination pour mettre fin à la crise au Darfour, où la situation continue de se détériorer, et pour mettre en oeuvre les différentes résolutions adoptées, depuis le début du conflit dans cette région du Soudan.

« L'opération humanitaire lancée en 2003 au Darfour a été incroyablement efficace a cours de l'année 2005. Quelque 13.000 travailleurs humanitaires ont apporté un aide à plus de trois millions de personnes au Darfour et au Tchad », a estimé aujourd'hui Jan Egeland, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d'urgence de l'ONU, dans un exposé aux membres du Conseil de sécurité sur la situation humanitaire en Afrique et notamment au Darfour.

image• Retransmission de la séance du COnseil de sécurité[122mins]

Grâce à ces opérations de secours, des milliers de vies ont été sauvées et les taux de mortalité ont diminué de manière significative au cours de l'année passée, a affirmé Jan Egeland.

Mais, a-t-il prévenu, les opérations humanitaires, constamment menacées, pourraient être interrompues à n'importe quel moment.

« Nous devons prendre conscience du fait que ce qui a été construit par les travailleurs humanitaires avec des centaines de millions de dollars venant des contributions des donateurs pourrait être détruit », a fait observer le Secrétaire général adjoint.

« Nous devons prendre conscience de la terrible réalité dont nos collègues sont témoins sur le terrain. Les meurtres n'ont pas cessé. Les viols, les déplacements forcés et les pillages, dont je vous avais parlé pour la première fois il y a 20 mois, continuent », a-t-il encore souligné.

Depuis trois mois, la situation s'est même détériorée. Jamais l'accès humanitaire n'a été aussi limité que depuis avril 2004, date de son premier compte-rendu au Conseil de sécurité, a regretté Jan Egeland.

Rien qu'au cours des dernières semaines, plus de 20.000 personnes ont été déplacées. Les camps de personnes déplacées sont, de plus en plus souvent, attaqués par des milices, a-t-il indiqué.

L'impact du conflit au Darfour dans la région reste une grande source de préoccupation pour le Secrétaire général adjoint. Les tensions entre les 200.000 Soudanais réfugiés au Tchad et les Tchadiens, pays hôte, restent grandes. Les attaques contre des civils soudanais au Tchad perpétrés par des groupes armés soudanais qui passent la frontière continuent, explique-t-il.

Hier encore, rapporte Jan Egeland, plus de 100 personnes ont été tuées dans la ville de Adra à l'est du Tchad.

Egalement inquiétant sont les récents développements politiques et militaires au Tchad et notamment les tensions grandissantes avec le Soudan sur la question du Darfour, a-t-il ajouté.

Si le Conseil de sécurité a adopté plusieurs résolutions pour répondre à la crise du Darfour, le Secrétaire général adjoint a regretté qu'elles ne soient pas réellement mises en oeuvre sur le terrain.

« A moins que des efforts gigantesques ne soient faits dans le domaine politique et sécuritaire, notre opération humanitaire ne sera pas viable. Nous avons besoin, dans les plus brefs délais, d'une force de sécurité plus étendue et plus efficace sur le terrain, qui permettrait une meilleure protection des civils et donnerait la possibilité aux déplacés de rentrer chez eux », a-t-il expliqué.

Cette présence est nécessaire que les pourparlers d'Abuja [visant à établi la paix au Darfour] réussissent ou non, a précisé Jan Egeland.

En conséquence, il a appelé, une nouvelle fois, le Conseil de sécurité à mettre fin à la crise au Darfour, à refléter l'urgence de la situation et à faire preuve de la détermination nécessaire à la réalisation des objectifs identifiés dans les résolutions adoptées.

Au cours de la séance publique, le Secrétaire général adjoint a aussi mis l'accent sur la situation humanitaire dans le sud du Soudan, dans le nord de l'Ouganda et au Zimbabwe.

Le 13 décembre dernier, Luis Moreno Ocampo, Procureur de la Cour pénale internationale (CPI), avait exigé, devant le Conseil de sécurité, l'entière coopération de tous les pays de l'Union africaine (UA) et une collaboration supplémentaire du gouvernement du Soudan, dans son enquête sur les crimes commis au Darfour depuis le 1er juillet 2002 (voir notre dépêche du 13 décembre 2005).

Gravement préoccupé par la détérioration de la situation au Darfour, le Secrétaire général avait, le 8 décembre dernier, demandé une fois de plus à toutes les parties de respecter leurs accords ainsi que les dispositions du droit international humanitaire (voir notre dépêche du 8 décembre 2005).

Le 7e cycle des pourparlers de paix intersoudanais sur le Darfour, conduits par l'Union africaine (UA) a été lancé, le 29 novembre dernier, à Abuja au Nigeria (voir notre dépêche du 29 novembre 2005).

Plus de 2 millions de civils du Darfour ont été déplacés et plus de 3,5 millions de personnes ont été affectées par un conflit qui fait rage depuis plus de trois ans dans cette région située à l'ouest du Soudan.

Voir le compte-rendu de la séance du Conseil de sécurité dans le communiqué de l’ONU

 

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