Pakistan : l'ancien président Bush se dit "fier" de travailler pour les Nations Unies

16 décembre 2005

« Fier » de sa nouvelle nomination comme « Envoyé spécial pour la catastrophe entraînée par le tremblement de terre en Asie du Sud » le 8 octobre dernier, George Herbert Walker Bush, ancien président des Etats-Unis, qui devra diriger l'effort global du système des Nations Unies dans la région pour aider et reconstruire, pourrait se rendre au Pakistan au mois de janvier.

« L'ancien Président Bush va diriger l'effort global du système des Nations Unies à la suite du séisme dévastateur qui a frappé l'Asie du Sud. Il oeuvrera pour mobiliser et pour rendre durable la volonté politique de la communauté internationale, pour veiller à ce que l'on honore les engagements pris et que les annonces de contributions soient suivies d'effets sous forme de décaissements d'argent liquide, pour que les travaux de secours et de reconstruction, ainsi que les activités d'urgence, puissent se poursuivre », a déclaré le Secrétaire général, lors d'une conférence de presse donnée au siège de l'ONU à New York, avec l'ancien président Bush.

image• Retransmission de la conférence de presse de George Bush et de Kofi Annan[20mins]

« Vous apportez à cette tâche toutes vos qualités de leadership, vos compétences diplomatiques, votre immense expérience – y compris bien sûr les efforts que vous avez accomplis aux côtés de l'ancien président Clinton pour aider les victimes des États-Unis à la suite du cyclone Katrina, ainsi qu'à la suite de la crise entraînée par le tsunami dans l'Océan Indien », a ajouté Kofi Annan.

« Comme vous le savez, le président Clinton travaille pour nous depuis un certain temps : il est chargé d'une mission pour faire des évaluations dans les pays touchés par le tsunami », a-t-il rappelé.

« Le président Bush oeuvrera avec le gouvernement du Pakistan. Il travaillera donc pour assurer la coordination avec tous les membres de la communauté internationale, y compris les organismes de développement des Nations Unies, les organisations régionales, les institutions multilatérales telles que la Banque mondiale et la Banque asiatique de développement, de même que les ONG », a-t-il précisé.

« Et une partie du travail de M. Bush sera de veiller à ce que les engagements de la communauté internationale soient durables et soutenus », a-t-il encore dit.

« Je suis très fier d'accepter cette nomination du Secrétaire général. Je suis heureux de travailler pour lui dans le contexte de cette noble cause. J'ai été vraiment touché par cette tragédie au Pakistan et je voudrais veiller à ce que l'équipe de l'ONU qui travaille dans le contexte de la reconstruction poursuive son action », a déclaré, de son côté, l'ancien président américain.

« En ce qui me concerne, je n'aurai pas à perfectionner cette équipe. Elle fait un bon travail. Il ne faut pas que quelqu'un s'entende dire par moi comment l'argent doit être dépensé. Comme l'a dit le Secrétaire général, ma tâche consistera à veiller à ce que les promesses de contribution très généreuses se concrétisent pour aider ces personnes qui souffrent de conditions météorologiques et climatiques très rudes », a ajouté George Herbert Walker Bush.

« J'ignore si mon statut va faire une telle différence. J'ignore s'il s'agit de lassitude de la part des donateurs. J'ai travaillé avec le président Clinton après le passage de l'ouragan Katrina. Nous avions encouragé les organisations non gouvernementales à verser des contributions pécuniaires importantes. Elles l'ont fait. Pour le tsunami, 30 milliards de dollars ont été annoncés. Pour Katrina, nous avons pu mobiliser 109 milliards, je crois, environ », a répondu l'ancien président Bush à un journaliste qui lui demandait si une telle personnalité était nécessaire pour mobiliser les fonds.

« Mais ici, il s'agit d'une mission différente. 5,8 milliards ont été promis, alors que le Secrétaire général ne s'attendait qu'à 5,2 milliards. Ce qui a été promis est donc très généreux, mais il faut que cela s'accompagne d'une aide qui permette aux populations de survivre durant cette année. Le travail est donc différent », a-t-il ajouté.

« Nous avons parlé de la lassitude des bailleurs de fonds. Il faut donner plus de visibilité à cet effort. Je préfère cependant attendre ma visite et mon entretien avec le président pakistanais avant de me prononcer », a-t-il précisé.

L'ancien président a par ailleurs indiqué qu'il se rendrait probablement au Pakistan en janvier, « après les fêtes », « si les dirigeants pakistanais le veulent bien ».

Rappelant q'un appel d'urgence lancé par l'ONU souffrait d'un déficit de 60% - sur les 550 millions nécessaires, le montant total des annonces de contribution s'élève à 226 millions – un journaliste a demandé quelles étaient les mesures que l'ancien président Bush envisageait pour essayer de générer davantage de contributions et de dons.

« Je ne connais pas la réponse à votre question. Honnêtement, je n'en sais rien », a répondu l'ancien président américain.

Répondant à la question de savoir s'il avait demandé l'avis de Bill Clinton avant d'accepter ce nouveau poste, l'ancien président Bush a répondu que le président Clinton l'avait encouragé à accepter ce poste.

« Je lui en ai parlé mais son rôle, d'après moi, est assez différent. Lui, il regarde où va l'argent, il a un contact plus direct avec les décaissements, alors que moi, je vais utiliser l'équipe de l'ONU déployée sur le terrain. Je ne peux pas passer tout mon temps là-bas, je ne veux pas leur dire 'Mettez les tentes ici, mettez les bulldozers là-bas', je ne peux pas faire cela », a-t-il ajouté.

Le Secrétaire général a nommé hier l'ancien président des Etats-Unis au poste d'Envoyé spécial (voir notre dépêche du 15 décembre 2005).

Le 13 décembre dernier, la Coordination humanitaire des Nations Unies indiquait que son appel d'urgence pour les victimes du tremblement de terre en Asie du Sud n'était financé qu'à hauteur de 40%, alors que 75% des réfugiés en altitude ont besoin d'une assistance supplémentaire (voir notre dépêche du 13 décembre 2005).

Bill Clinton avait été nommé le 1er février dernier « Envoyé spécial des Nations Unies pour la reconstruction des pays ravagés par le Tsunami » (voir notre dépêche du 1er février 2005).

 

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