Affaire Hariri : le Conseil de sécurité proroge la Commission d'enquête internationale pour six mois

15 décembre 2005

Dans une résolution adoptée aujourd'hui, le Conseil de sécurité a prorogé le mandat de la Commission d'enquête internationale sur l'assassinat de l'ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri, le 14 février 2005 à Beyrouth, l'autorisant à apporter une assistance sur les attentats commis au Liban depuis le 1er octobre 2004, et engageant la Syrie à coopérer davantage.

Par sa résolution adoptée aujourd'hui à l'unanimité, en présence du Secrétaire général, le Conseil de sécurité a décidé de proroger jusqu'au 15 juin 2006 le mandat de la Commission d'enquête internationale sur l'assassinat de l'ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri « tel que défini dans la résolution 1595 (2005) et dans la résolution 1636 (2005) ».

La résolution 1636 adoptée par le Conseil de sécurité le 31 octobre dernier demandait à la Syrie de coopérer pleinement dans l'enquête sur l'assassinat de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri (voir notre dépêche du 31 octobre 2005).

Le texte précise que le Conseil de sécurité prorogera de nouveau ce mandat « si la Commission le recommande et le gouvernement libanais en fait la demande ».

La résolution prend acte par ailleurs de la demande du gouvernement libanais tendant à ce que les personnes qui seraient mises en cause dans cet attentat terroriste soient jugées par un tribunal international.

Elle prie le Secrétaire général « d'aider le gouvernement libanais à déterminer la nature et l'étendue de l'assistance internationale nécessaire à cet égard » et le prie également « de lui rendre promptement compte sur la question ».

Suite à la demande du gouvernement libanais, le Conseil de sécurité autorise aussi la Commission d'enquête à fournir « une assistance technique aux autorités libanaises en ce qui concerne leurs enquêtes sur les attentats terroristes perpétrés au Liban depuis le 1er octobre 2004 ».

Il prie enfin le Secrétaire général, « en consultation avec la Commission et le gouvernement libanais, de présenter des recommandations tendant à élargir le mandat de la Commission aux enquêtes sur ces autres attentats ».

Le Conseil de sécurité se déclare par ailleurs « préoccupé » par l'évaluation faite par la Commission d'enquête sur le degré de coopération de la Syrie et souligne son obligation de collabrorer pleinement avec elle.

Dans son second rapport présenté, le 13 décembre dernier au Conseil de sécurité, le chef de la Commission d'enquête, Detlev Mehlis, affirmait que si la Syrie avait amélioré sa coopération avec la Commission d'enquête, en autorisant l'interrogation de cinq hauts représentants syriens soupçonnés d'être impliqués dans l'assassinat de l'ancien Premier ministre libanais, elle devra faire plus pour lever tout doute quant à sa volonté de faire connaître la vérité (voir notre dépêche du 13 décembre 2005).

Detlev Mehlis, qui a fait connaître son intention de ne pas assumer son mandat plus longtemps, a précisé qu'il resterait à la disposition du Secrétaire général pour assurer l'intérim.

Interrogé aujourd'hui lors d'un point avec la presse sur un éventuel remplaçant à Detlev Mehlis, le Secrétaire général a rappelé que les candidats potentiels étaient souvent déjà employés ailleurs et qu'il fallait les débaucher.

« Le genre de personnes que l'on cherche ne passe pas son temps au coin de la 1ère avenue et de la 42ème rue [l'adresse de l'ONU à New York] à chercher un travail, ils se précipitent de l'autre côté lorsqu'on leur en offre un », a ironisé Kofi Annan.

Detlev Mehlis avait présenté son premier rapport le 25 octobre dernier (voir notre dépêche du 25 octobre 2005 et notre dépêche du 21 octobre 2005).

La Commission d'enquête, opérationnelle depuis le mois de juin dernier, avait été mise en place par la résolution 1595, adoptée le 7 avril dernier par le Conseil de sécurité, après qu'une enquête préliminaire des Nations Unies ait qualifié l'enquête des services de police libanais de « gravement défectueuse » (voir notre dépêche du 30 mars 2005).

L'attentat qui s'était produit à Beyrouth, le 14 février dernier, contre le convoi de l'ancien Premier ministre libanais, Rafic Hariri, avait causé la mort de 22 autres personnes et conduit à des appels au retrait de toutes les troupes syriennes et de l'appareil de renseignement, présents au Liban depuis le début de la guerre civile de 1975-1990 (voir notre dépêche du 15 février 2005).

 

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