Le Conseil de sécurité exige que l'Erythrée revienne immédiatement sur sa décision d'expulser le personnel de la MINUEE

7 décembre 2005

Dans une déclaration présidentielle prononcée aujourd'hui, le Conseil de sécurité a exigé « catégoriquement » que l'Erythrée revienne « immédiatement » sur sa décision « inacceptable » d'expulser certains membres du personnel de la Mission des Nations Unies en Éthiopie et en Érythrée (MINUEE) – Américains, Canadiens, Russes et Européens.

« Le Conseil de sécurité condamne la décision prise par le gouvernement érythréen, qui a demandé à certains membres de la MINUEE de quitter le pays dans les 10 jours à compter du 6 décembre 2005, ce qui est contraire à l'obligation qui lui incombe de respecter le caractère exclusivement international de l'opération de maintien de la paix », a déclaré aujourd'hui Emyr Jones Parry, Représentant du Royaume-Uni et président du Conseil pour le mois de décembre.

Dans sa déclaration présidentielle adoptée, à l'issue de consultations officieuses, le Conseil a rappelé que, « par sa résolution 1640 (2005), il avait exigé que le gouvernement érythréen annule toutes les restrictions imposées aux activités de la MINUEE ».

« Le Conseil tiendra des consultations sur la réaction qu'il convient d'adopter face à cet acte absolument inacceptable de la part de l'Érythrée », a ajouté son président.

image• Retransmission de la séance du Conseil de sécurité[3mins]

image• Retransmission du point de presse d'Emyr Jones Parry[4mins]

« Cette déclaration n'est que la première des mesures qui seront prises par le Conseil, qui ne voulait pas retarder son action », a souligné aujourd'hui Jean-marie Guéhenno, Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, lors d'une rencontre avec la presse, à l'issue des consultations à huis clos.

image• Retransmission du point de presse de Jean-Marie Guéhenno[9mins]

« De mémoire, c'est la première fois que le Conseil réagit aussi vite, après seulement une première réunion au niveau des experts, et qu'il montre un tel consensus publiquement », a fait remarquer le Secrétaire général adjoint.

Le Secrétaire général a également condamné aujourd'hui la décision prise par le gouvernement érythréen (voir notre dépêche d'aujourd'hui).

La MINUEE, chargée de surveiller le cessez-le-feu entre l'Ethiopie et l'Erythrée, avait confirmé, le 1er décembre dernier, des mouvements de troupes des deux côtés de la frontière, en dépit des restrictions qui l'empêchent de surveiller la totalité de la zone de sécurité (voir notre dépêche du 1re décembre 2005).

Dans sa résolution 1640, le Conseil de sécurité enjoignait l'Erythrée d'annuler sans plus tarder sa décision prise le 5 octobre dernier, d'interdire les vols d'hélicoptère de la MINUEE (voir notre dépêche du 23 novembre 2005 et voir notre dépêche du 5 octobre 2005).

En Septembre 2000, le Conseil de sécurité avait autorisé le déploiement dans le cadre de la MINUEE d'un maximum de 4.200 hommes pour surveiller le respect de la cessation des hostilités et favoriser le respect des obligations en matière de sécurité auxquelles les deux parties ont souscrit.

Le Conseil de sécurité avait créé la MINUEE, en juillet 2000, dans le but de maintenir une liaison entre les parties et de mettre en place un mécanisme permettant de vérifier la cessation des hostilités.

En juin 2000, après deux ans de combats motivés par un différend frontalier, l´Éthiopie et l´Érythrée ont signé un Accord de cessation des hostilités, au terme de pourparlers organisés sous les auspices de l´Algérie et de l´Organisation de l'unité africaine.

 

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