L'OMS condamne les abus dont sont victimes les personnes souffrant de troubles mentaux

7 décembre 2005

A quelques jours de la Journée mondiale des droits de l'homme, l'agence des Nations Unies pour la santé a condamné aujourd'hui les violations des droits fondamentaux, « trop fréquentes » et « alarmantes », dont sont victimes les personnes souffrant de troubles mentaux.

« Les personnes souffrant de troubles mentaux sont victimes d'un éventail alarmant d'abus dans les pays du monde entier alors qu'il existe des moyens permettant d'améliorer la situation de façon spectaculaire et qui ont déjà fait leurs preuves », dénonce l'Organisation mondiale de la santé (OMS), dans un communiqué publié aujourd'hui à Genève, à quelques jours de la Journée mondiale des droits de l'homme qui sera célébrée le 10 décembre prochain.

A cette occasion, l'agence des Nations unies publie un reportage photos intitulé « Les laissés-pour-compte : santé mentale et droits de l'homme » qui met l'accent sur certaines de ces violations.

« Certaines personnes sont isolées et enfermées dans une pièce qui ressemble à une cage ou attachées à leur lit pendant des périodes prolongées en étant totalement ou presque totalement privées de contact humain. D'autres sont victimes de l'abus de substances psychotropes. Dans certains établissements, les patients ne sont pas correctement vêtus et sont privés d'eau potable, d'une nourriture adéquate ou de l'accès aux toilettes. Dans bien des situations de soins, les patients n'ont aucun appui communautaire et sont coupés de leur famille, de leurs amis et de toute possibilité de travail, ce qui nuit à leur santé mentale », raconte l'OMS.

« L'incompréhension et la stigmatisation qui entourent les problèmes de santé mentale sont généralisées. Alors qu'il existe des traitements efficaces contre les troubles mentaux, on croit souvent que ceux qui en souffrent ne peuvent être soignés, sont difficiles ou incapables de prendre des décisions ou encore manquent d'intelligence », explique le communiqué.

« Cette stigmatisation peut conduire à des abus, à un rejet et à un isolement et à exclure ces gens des soins de santé ou du réconfort dont ils ont besoin. Dans le cadre du système de santé, on les soigne trop souvent dans des institutions qui ressemblent davantage à des entrepôts qu'à des établissements de soins », dénonce l'agence.

« Les violations des droits de l'homme sont encore bien trop nombreuses dans le cas des personnes atteintes de troubles mentaux. Pourtant aussi bien les responsables de la santé que ceux des droits de l'homme négligent ces problèmes qui passent ainsi entre les mailles du filet. Or nous disposons de solutions pour inverser la tendance, dans les pays pauvres comme dans les pays riches », a déploré Lee Jong-wook, directeur général de l'OMS.

« J'invite donc instamment les pays, les organisations internationales, les milieux universitaires, le secteur des soins de santé, le secteur juridique et d'autres à examiner de près la situation des personnes atteintes de troubles mentaux et à prendre des mesures pour promouvoir et protéger leurs droits », a-t-il ajouté.

Plus de 450 millions de personnes dans le monde sont atteintes de problèmes mentaux, neurologiques ou comportementaux. Or la majorité d'entre elles ne bénéficient pas d'une protection de leurs droits ni de traitements ou de soins de santé mentale appropriés en raison de la faible priorité accordée à la santé mentale.

Ainsi, par exemple, 64 % des pays n'ont aucune législation sur la santé mentale ou ne disposent que d'une législation dépassée. Une grande partie des lois sur la santé mentale en vigueur ne protègent pas les droits des personnes souffrant de troubles mentaux. 30 % des pays n'ont pas de budget distinct consacré à la santé mentale et parmi les autres 20 % consacrent moins de 1 % de leur budget total de santé à la santé mentale.

 

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